Faïza Guène, la Diam's "poids plume"

Par Par Sophie LUTRAND, le 04 septembre 2006 à 18h19 , mis à jour le 20 septembre 2006 à 06h19

Après "Kiffe, Kiffe demain", un premier roman qui lui a valu un immense succès, Faïza Guène revient cette rentrée avec un nouveau roman, "Du rêve pour les oufs". Et si le sujet est plus dur, plus sombre, l'auteur conserve sa verve fleurie et assez distanciée pour faire rire avec des sujets pas drôles. Un vrai talent !

Faïza Guène, 21 ans, publie son deuxième roman "Du rêve pour les oufs"Faïza Guène, 21 ans, publie son deuxième roman "Du rêve pour les oufs" © DR

Faïza Guène publie son deuxième roman Retrouvez Faïza Guène dans "Vous avez un message", le podcast de LCI.fr

Après avoir cartonné avec son premier roman "Kiffe, kiffe demain" (220 000 exemplaires et 24 traductions dans le monde entier), Faïza Guène revient avec une nouvelle histoire : "Du rêve pour les oufs". L'héroïne s'appelle Alhème ("rêve" en arabe), a 24 ans, un père ("le patron") qui a perdu la boule suite à un accident de chantier, n'a plus de mère (tuée en Algérie), assume un petit frère qui vire caïd, cumule les petits boulots pas excitants et des copines toutes maquées qui ont la fâcheuse habitude de lui présenter "des ploucs".

La misère ? Sur le fond oui. Mais grâce à la forme, Faïza Guène arrive à aborder avec dérision et une grosse dose d'optimisme, les sujets les plus déprimants en faisant sourire ses lecteurs. Voire franchement rire. La bonne distance entre l'angélisme et la déprime. A propos du voisin du dessus qui a fait une tentative de suicide, le père d'Ahlème s'écrie : "- Encore ? - Oui, c'est la troisième... non la quatrième je crois. - Déjà la quatrième ! - Mon Dieu, ça passe vite".

Le talent de Faïza Guène est d'apporter une riche palette de couleurs pour dépeindre la banlieue, bien souvent cantonnée au noir ou blanc. La jeune femme de 21 ans s'emporte contre la façon trop shématique de dépeindre les cités : d'un côté les bons, de l'autre les mauvais. "Mais la banlieue, c'est aussi la nuance". Depuis son succès, elle n'a pas changé grand chose à ses habitudes, habite toujours chez ses parents, dort sur le canapé, comme toujours. Elle reste, parce que - haussement de sourcils - , elle ne voit pas pourquoi elle partirait et puis si réussir, c'est partir, ça veut dire que rester, c'est l'échec et elle refuse cette vision du monde.

"Du rêve pour les oufs", Faïza Guène, Hachette Littératures, 16 euros.

Morceaux choisis :

- Ahlème reçoit une lettre de sa tante, restée au bled. C'est, entre les lignes, un compromis entre les reproches de ne pas venir et une liste au Père Noël : "Ta grand-mère est vieille et malade. Qu'attendez-vous ? Qu'elle parte sans vous dire au revoir ?" (...) "Ta cousine Souriya te demande de penser à y mettre deux ou trois soutiens-gorge, de la marque Playtex, les cœurs croisés en dentelle, s'il te plaît, que Dieu te garde, tu sais qu'elle se marie bientôt". (...) "Naïma, quant à elle, qui a fêté ses dix-sept ans la saison dernière, te demande quelque chose qu'elle appelle "strings", je ne sais pas ce que ça veut dire mais elle dit que toi, tu dois sûrement savoir".

- A propos de leur arrivée au bled en Algérie : "Le Patron décide de faire une arrivée fracassante. Je ne sais pas ce qui lui a pris mais il est sorti de la voiture en bouledé et s'est mis à crier de joie, à lever les bras, à applaudir et à siffler. Le plus fou est que les gens suivent la vibe, on dirait le public de NTM à la belle époque au début d'un concert."

- Quand sa copine Linda s'embrouille avec son copain qui n'est pas sûr de vouloir s'engager, celle-ci s'emporte : "Putain, le fumier ! Il est fou le type, carrément, il me parle d'engagement ! Il croit quoi ? Je suis un opérateur téléphonique, moi ! Il a cru qu'il sortait avec SFR ou Bouygues pour me parler d'engagement !" (...) "Linda travaille à Body Boom, un institut de beauté qui propose des soins du corps et des épilations. Comme elle était un peu nerveuse aujourd'hui, elle a reçu quelques plaintes de clientes. Elle m'a raconté qu'elle a fait pleurer une bimbo cet après-midi. La fille est venue se faire épiler la chneck, elle a demandé un maillot brésilien et Linda, comme elle avait la tête ailleurs, elle lui a fait son ticket de travers. Ca m'a fait rigoler, d'après Linda, ça ressemblait plus à une virgule Nike qu'à un maillot brésilien".

Par Par Sophie LUTRAND le 04 septembre 2006 à 18:19
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Culture
  

2 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Nesrine, le 27/09/2009 à 21h55

    El et tro bien cet histoir j esper quel va sortir un otre livre

  • Malarmé, le 14/09/2006 à 09h42

    C'est n'importe quoi...Victor Hugo et bien d'autres doivent se retourner dans leurs tombes.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience