Mort de l'auteur du "Choix de Sophie"

le 02 novembre 2006 à 07h46 , mis à jour le 02 novembre 2006 à 09h18

William Styron, qui avait obtenu le prix Pulitzer en 1968 pour un autre de ses romans, "Les confessions de Nat Turner", est mort à l'âge de 81 ans.

TF1/LCI : Le romancier américain William StyronLe romancier américain William Styron © TF1/LCI

Sa disparition a été annoncée jeudi par le New York Times : le romancier américain William Styron est mort mercredi d'une pneumonie à l'âge de 81 ans. Il s'est éteint à Martha's Vineyard, dans l'Etat du Massachusetts, a précisé le quotidien américain, citant sa fille Alexandra Styron. Son roman le plus connu, Le choix de Sophie, publié en 1979, avait été adapté au cinéma et le film racontant les affres d'une survivante de l'Holocauste incarnée par Meryl Streep connut un succès international.

Né le 11 juin 1925 à Newport News en Virginie, Styron - qui s'essaie à l'écriture depuis l'adolescence - publie son premier roman en 1951. Un Lit de ténèbres, reconstruction aux accents faulknériens du suicide d'une jeune femme dans une famille trouble de Virginie, l'impose d'emblée comme un des meilleurs écrivains de sa génération. Les passions destructrices à l'oeuvre dans les institutions de la société sont aussi le leitmotiv de La Longue marche (1955), peinture de l'absurdité de la vie militaire, et de La Proie des flammes (1960), où la violence individuelle se révèle être un remède inefficace contre la déchéance morale.

Gloire et accusations

En 1967, la parution des Confessions de Nat Turner vaut à Styron l'attribution du Prix Pulitzer et des accusations de racisme de la part des militants afro-américains pour les droits civiques. Pour ces derniers, l'écrivain, qui retrace l'histoire vraie d'une révolte sanglante d'esclaves en 1831 en Virginie, attribue à Nat Turner sa propre mentalité de blanc américain. Gloire et accusations - d'utilisation cynique de l'extermination des Juifs européens par les Nazis - l'accueillent aussi à la sortie du Choix de Sophie qui raconte la vie sentimentale mouvementée d'une femme rescapée d'Auschwitz.

Cet admirateur de Flaubert, appartenant à la même lignée que William Faulkner, John Steinbeck et Ernest Hemingway, a longtemps cherché dans l'alcool l'énergie qu'il devait dépenser pour écrire. La décision de ne plus boire le précipite, en 1985, dans une dépression. Il racontera ces années de désespoir dans Face aux ténèbres (1990). En 1984 William Styron avait été nommé à Paris Commandeur de l'Ordre Arts et des Lettres.

D'après agence

le 02 novembre 2006 à 07:46
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