La librairie L'Atelier 9 (Paris IXe) © LCI.fr/DHLaurent Allanic travaille à la librairie "L'Atelier 9", rue des Martyrs (IXe, Paris), où cinq personnes travaillent.
LCI.fr : Comment vous en sortez-vous face à la concurrence des grandes chaînes ?
Laurent Allanic : On y arrive, ça marche même très bien, mais on dépense deux fois plus d'énergie pour maintenir le cap. La différence avec les grandes enseignes, c'est qu'en librairie indépendante, notre offre n'est pas exhaustive, on ne peut pas vendre les 58.000 références qui sont parues en 2006, donc on choisit. Du coup, le principe qu'on a adopté c'est de faire des fenêtres thématiques : on ne pose pas les livres de manière aléatoire mais on fait un lien entre les ouvrages. Par exemple, en ce moment, on a un présentoir autour de Walter Benjamin à l'occasion de la sortie de sa biographie par Jean-Michel Palmier. On présente ainsi des livres sur l'expressionnisme allemand, sur la philosophie et l'école de Francfort, etc... On profite de cette actualité littéraire pour revisiter l'époque et présenter aux clients des ouvrages de fond.
LCI.fr : Ce que les clients viennent chercher chez vous, c'est donc de la spécialité et non des best-sellers ?
L.A. : Il nous faut quand même une table de bouquins grand public... pour vendre les petits. Cela nous permet de faire connaître de petits éditeurs, comme Frémok. On a fait une vitrine d'un mois sur eux. Il nous faut de la grosse cavalerie pour défendre notre les petits auteurs. Peut-être qu'une des particularités de la librairie indépendante, c'est finalement d'être un peu militant... Tous les ouvrages qu'on défend ici, on les a lus de la première à la dernière page. On écrit même des commentaires sur les livres : "Lu et conseillé", "Approuvé", ou des critiques plus longues. On fait un vrai travail en amont de conseil et d'échange. Les clients reviennent, on parle du livre, ils nous donnent aussi leur avis. Ils se sentent comme dans leur bibliothèque personnelle. Une confiance s'est établie, qu'on a créée. C'est une grande satisfaction.
LCI.fr : Mais avant cela, il faut bien attirer les clients depuis l'extérieur...
L.A. : Oui, on passe beaucoup de temps sur nos vitrines. On refait la grande quatre fois par an et la petite deux à trois fois par mois. Avec des livres bien sûr, mais aussi des CD. On travaille avec les fournisseurs de CD depuis cinq ans. Cela contribue à nous aider, ça marche très bien. Ce qui prouve une chose d'ailleurs : c'est que le prix unique a sauvé la librairie alors que ça n'a pas été le cas pour le disque. De temps en temps on organise des signatures, mais ça prend trop de temps à préparer. On n'a déjà pas le temps de regarder toutes les nouveautés que l'on reçoit !
27e Salon du livre
Du 23 au 27 mars
Porte de Versailles
De 9h30 à 20h, nocturnes les 23 et 27 mars : jusqu'à 22h, le 26 mars : jusqu'à 18h30
Entrée : 5 euros, gratuit pour les étudiants de moins de 26 ans
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