Solenn Colléter (détail de la couverture de Je suis morte et je n'ai rien appris) © Emmanuel Bovet / Albin Michel / LCI.fr
Je suis morte et je n'ai rien appris
de Solenn Colléter,
Albin Michel,
360 pp., 19,50 euros
Ça commence comme un témoignage sur les bizutages en banlieue parisienne. Le quinzième bouquin sur "ce chef-d'oeuvre de manipulation mentale" de la vie estudiantine. Peut-être un peu plus documenté. Sans doute un peu plus personnel. Laure, héros malgré elle, n'est-elle pas née de l'expérience de l'écrivaine Solenn Colléter ?
Des années après son propre bizutage, cette jeune ingénieure a pris la plume pour raconter les mises en scène dégradantes, la privation de sommeil, la faim, le froid et la honte. Celle d'être humiliée sans cesse. Celle, plus douloureuse encore, de ne pas résister :
"J'aurais pu me lever et partir si j'en avais eu envie. Mais non, j'ai léché des semelles, ingéré des immondices, je me suis roulé dans la fange, de mon plein gré ou presque ; j'ai souhaité le pire à mon voisin, soulagé chaque fois que les foudres des anciens s'abattaient sur lui plutôt que sur moi."
Puis surgit la mort, mystérieuse. Et naît l'intrigue. L'écriture s'emballe. Je suis morte et je n'ai rien appris bascule dans le thriller, trouve l'épaisseur d'un roman noir à la Harlan Coben, angoissant et jouant sur la paranoïa des institutions : ici une grande école mais, au fond, n'importe quel système hiérarchique susceptible de basculer dans le totalitarisme. L'écriture efficace, sans fioritures, encore verte, convient parfaitement au style et porte le lecteur à la fin de l'intrigue, sans l'essouffler. A découvrir.
| L'auteur |
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Retour MYTF1
Solenn Colléter, 32 ans, est ingénieur, chargée de la communication sur la sécurité aérienne pour Airbus à Toulouse. Son premier roman s'inspire d'une expérience personnelle.
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