Dans les pas de la première femme rabbin

Par , le 10 septembre 2007 à 07h03 , mis à jour le 12 septembre 2007 à 10h23

Chronique - Une comédienne française découvre le passé trouble de ses grands-parents pendant l'Occupation grâce à un rôle de cinéma.

Nuit ouverteNuit ouverte © DR

  • Visite inédite et symbolique du grand rabbin de France à Vichy

    Gilles Bernheim, premier grand rabbin de France à se rendre à Vichy pour la journée de la déportation dimanche, a rendu hommage dimanche aux Justes et s'est recueilli devant une maison où sa belle-mère a été cachée pendant la guerre.

    Publié le 25/04/2010 Visite inédite et symbolique du grand rabbin de France à Vichy
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Nuit ouverte
De Clémence Boulouque

Editions Flammarion, 245 pages, 18 euros
 
Un rôle de cinéma. Et pas n'importe lequel. Après plusieurs films à succès, Elise Lermont est pressentie pour incarner Regina Jonas, première femme rabbin au monde, morte en 1944 à Auschwitz. La comédienne décide alors de partir sur ses traces et croisera en chemin l'histoire de sa famille. Son histoire.
 
Approcher Regina Jonas, c'est pour Elise se souvenir d'une période, celle de l'Occupation, des rafles, des camps de la mort et découvrir la vie d'une Juste, véritable "soigneuse des âmes". C'est aussi lever le voile sur les activités troubles de ses grands-parents, négociants en Champagne, pendant l'Occupation. La comédienne prend alors conscience que tout oppose ses aïeux à Regina Jonas dans cette période de troubles et de guerre.
 
Plus que tout, Elise Lermont veut obtenir le rôle. Elle voit en lui un moyen d'expier sa culpabilité en rachetant la vie de ses grands-parents et en se rachetant elle-même. "J'ai découvert ma famille quelques mois avant d'obtenir le rôle de Regina Jonas", dit-elle. Sa quête vers Regina Jonas conduira Elise vers la paix intérieure et la découverte d'une Juste, dont la vie fut tournée vers les autres. "En comprenant cette femme, j'ai fait la paix avec les miens, mes méprisables", avoue-t-elle. 
 
Dans ce roman sensible, Clémence Boulouque confirme ses talents d'écrivain et de conteuse. Elle laisse poindre son humour sour les traits du vieil oncle de Cécile, personnage haut en couleur et imprévisible, témoin du passé trouble de la famille.  
 

L'auteur

Clémence Boulouque a écrit Mort d'un silence en 2003. Cet ouvrage sur la mort de son père, le juge Boulouque, a été porté à l'écran en 2006 dans un film de William Karel, La fille du juge. Elle a aussi publié Chasse à courre en 2005.


 
Par Stéphanie Morbois le 10 septembre 2007 à 07:03
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