Déconcertante odyssée autour d'un crâne

Par Matthieu DURAND, le 05 septembre 2007 à 07h00 , mis à jour le 04 septembre 2007 à 22h26

Chronique - Avec "L'incroyable histoire d'un crâne", Giuseppe Bonaviri signe un conte poético-fantastique qui emportera ou désorientera le lecteur.

TF1-LCI Bonaviri roman"L'histoire incroyable d'un crâne" de Giuseppe Bonaviri (Seuil). © Seuil

L'incroyable histoire d'un crâne
de Giuseppe Bonaviri

Editions Seuil, 188 pp., 18 euros.
 
"Il est, à vrai dire, inhabituel et atypique qu'une jeune femme puisse éprouver un sentiment presque amoureux pour un crâne. Mais les profondeurs de notre être sont inconnues et tout peut se produire." Et c'est justement ce qui se produit : dans son village, quelque part entre l'Egypte et la Syrie, Iside découvre un crâne. Celui d'un soldat italien, tué lors d'un combat pendant la deuxième guerre mondiale.

Un "crâne dolichocéphale" pour lequel "peu à peu - ô étrangeté de nos sentiments-, elle éprouva une curieuse attirance", raconte Giuseppe Bonaviri. Et Iside de ne plus se séparer de son fascinant trophée. Au point que cette scientifique de formation décide de redonner vie au soldat mort.

Baroque sicilien

Etrange idée pour une œuvre déconcertante qui relève davantage du conte fantastique que du roman. Bonaviri invente un langage poétique pour décrire le foisonnement de la nature, l'explosion des sens et la complexité des démarches scientifiques. Pour qualifier le style de cet écrivain sicilien, on ne peut s'empêcher de penser à l'architecture baroque de son île natale : l'une comme l'autre sont sensuels, surprenants, exubérants et rigoureux à la fois, minutieux, aux superbes envolées mais parfois tellement surchargés que l'on s'y perd.

Comme le profane dans la cathédrale San Giorgio de Modica, le lecteur sera emporté par tant d'audace et de beauté ou il finira étourdi, désorienté. D'autant qu'au fur et à mesure du récit, l'auteur se libère des chaînes du réalisme. Gare à celui qui n'est pas prêt à l'accompagner dans son odyssée poético-philosophique. Il risque de rester à quai ou de se noyer en chemin.

Par Matthieu DURAND le 05 septembre 2007 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Culture
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience