Une dernière rasade de Brèves de comptoir

Par Matthieu DURAND, le 04 janvier 2008 à 06h00 , mis à jour le 04 janvier 2008 à 13h30

Chronique- Un recueil célèbre le 20e anniversaire des Brèves de comptoir. Ça s'arrose !

Bar alcool sortie café bistrot pub © TF1/LCI
brèves de comptoirJean-Marie Gouriou a élevé la philosophie de comptoir au rang de phénomène de société. Tel un griot de la licence IV, il a collecté pendant zinc... euh, quinze ans les sentences lâchées par les clients des bars, troquets et estaminets dans lesquels il a posé le coude et ouvert les oreilles.

Car ces aphorismes de bistrots sont comme des poussières d'or charriées par les flots de l'alcool : on en a tous entendus, ici ou là, étouffés par le souffle du percolateur ou claironnés dans le silence gris d'un matin de novembre. Encore fallait-il penser à ramasser ces pépites pour en faire profiter le plus grand nombre. C'est ce qu'a fait Gourio de 1987 à 2000, sans ménager sa peine, ni peut-être même ses bronches et son foie.

Remettez-nous ça !

Bien lui en a pris, ses Brèves de comptoir ont fait un (bar) tabac en librairies. Elles ont même été adaptées au théâtre et récitées avec talent par l'immense Jean Carmet dans l'émission Palace. Depuis sept ans, les brèvophiles étaient au régime sec : pour s'envoyer un godet de rire, chacun devait plonger dans sa cave perso, hésitant devant les volumes comme devant les bouteilles de grands crus. Heureusement, Jean-Marie Gouriou a eu la bonne idée de servir une dernière rasade de sa production.

Le recueil Brèves de comptoir, l'anniversaire ! (1) présente le haut du tonneau des vendanges passées ainsi qu'une centaine de récoltes inédites. Un breuvage qui provoque du rire franc, souvent gras, mais aussi des grincements de dents et parfois même, quelques instants de réflexion. Très court florilège :

  • Avec tous ces morts sur les routes, si ça continue, moi je vais rouler sur les trottoirs ! (bar Le Cosmos)
  • En Afrique, un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle... Ici, c'est un café qui ferme ! (Le Soleil)
  • Plus vous avez des hommes, et moins vous avez des droits de l'homme ! (La Corne de brume)
  • Le retour, c'est l'aller mais en verlan (Les Aristos)
  • C'est plus facile de faire des gosses que de leur trouver des cadeaux (Le Raspoutine)
  • L'avantage du cybermonde, c'est que le jeune reste dans sa chambre (L'Apesanteur)

Et, à la question de savoir pourquoi l'Homme ressent-il le besoin de philosopher en sirotant sa bière, un client donne la réponse : "On fait de la philosophie de comptoir parce qu'en terrasse, c'est plus cher".
 
Jean-Marie Gourio : Brèves de comptoir, l'anniversaire !, Robert Laffont, 372 pp., 20 euros.

Par Matthieu DURAND le 04 janvier 2008 à 06:00
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3 Commentaires

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  • Brigitte, le 04/01/2008 à 16h57

    Merci pour cet article amusant et bien écrit.

  • Pascal, le 04/01/2008 à 15h01

    Les bouqins de Gourio sont le truc qui me fait le plus marrer au monde. Accessoirement un super cadeau.

  • Jiji, le 04/01/2008 à 14h52

    Non mais lol...

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