"La consolante", le nouveau roman d'Anna Gavalda sort le 11 mars en librairie © DRTout d'abord, est-il gros le nouveau Gavalda ? "Il y a moins de pages mais plus de mots", informe l'attaché de presse. Moins de pages, vite dit : 640 quand même. "Ensemble c'est tout", le précédent roman d'Anna Gavalda et immense succès qui a donné lieu à une adaptation au cinéma, occupait déjà la largeur de trois ou quatre livres dans la bibliothèque, celui-ci, "La consolante" n'est guère plus discret et en tout cas pas plus court. Très bien. S'il se dévore aussi bien, on ne lui en tiendra pas rigueur. Car "Ensemble c'est tout" est de ces livres qui non seulement ne vous tombent pas des mains mais horripile votre entourage : car pendant que vous le lisez, le reste du monde n'existe plus.
Mais, eh oui il y a un "mais", cette fois-ci le charme opère moins bien. Dans "La consolante", Anna Gavalda prête sa plume à un homme, Charles Balanda, un presque quinquagénaire, ni marié ni père mais un peu des deux. Sa compagne, chargée de relations chez Chanel a une fille, une ado, Mathilde. Lui est architecte et s'épuise dans les aéroports. Une nouvelle, l'annonce d'un décès, vient tout chambouler dans la tête de Charles. Ses souvenirs lui reviennent comme une gifle et il va "morfler".
Chute et rédemption
Comme dans son précédent livre, Anna Gavalda va conduire, très lentement, son personnage jusqu'au fond, là où il fait sombre et froid, pour enfin donner le petit coup de pied qui permet de remonter à la surface. Voici donc presque deux livres en un.
Celui de la chute, du retour en arrière, écrit à bout de souffle, à coup de successions de phrases sans sujet : "Espérait que non. Referma son carnet. Son portable sonna de nouveau. Refusa l'appel, se leva, rinça sa tasse". (Est-ce comme cela que les hommes pensent ?) Puis, celui de la rédemption où l'oxygène revient en même temps que les couleurs, la nature, le vert, les enfants, la parole. Tout cela grâce à une apparition : une "Mary Poppins" de ferme avec autant d'animaux que d'enfants accrochés à ses bottes.
Délayages
Chez Anna Gavalda, le bonheur n'est pas donné, il se construit, en dépit de l'acquis, de la famille existante : suffit de s'en choisir une autre. Mais pour cela, combien de chemins de traverse, de digressions sur la techniques des charpentes - Charles est architecte- , de détours par des chantiers russes et, forcément, mafieux ? Les ingrédients sont pourtant presque les mêmes que dans "Ensemble c'est tout" - l'auteur s'offre même la fantaisie de réintroduire subrepticement deux de ces anciens personnages dans son nouveau roman -, mais cette fois-ci, le plat est indigeste. Manque la levure. Sans doute a-t-elle été trop éparpillée. La concision, le mordant, les chutes bien balancées, c'est pourtant ce par quoi Anna Gavalda avait commencé avec son recueil de nouvelles "J'aimerais que quelqu'un m'attende quelque part". Elle y reviendra peut-être... On l'espère...
"La consolante", Anna Gavalda, parution le 11 mars, édition Le Dilettante, 24,50 euros.
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