Il est comment le nouveau Gavalda ?

Par , le 10 mars 2008 à 15h44 , mis à jour le 10 mars 2008 à 17h03

Auréolée de ces précédents succès, la romancière française sort un nouveau livre, "La consolante". Après la revanche et la belle, il y a la consolante, quand on joue pour le plaisir, sans enjeu, sans vainqueur ni perdant.

Anna Gavalda, la consolante, le dilettante"La consolante", le nouveau roman d'Anna Gavalda sort le 11 mars en librairie © DR

Tout d'abord, est-il gros le nouveau Gavalda ? "Il y a moins de pages mais plus de mots", informe l'attaché de presse. Moins de pages, vite dit : 640 quand même. "Ensemble c'est tout", le précédent roman d'Anna Gavalda et immense succès qui a donné lieu à une adaptation au cinéma, occupait déjà la largeur de trois ou quatre livres dans la bibliothèque, celui-ci, "La consolante" n'est guère plus discret et en tout cas pas plus court. Très bien. S'il se dévore aussi bien, on ne lui en tiendra pas rigueur. Car "Ensemble c'est tout" est de ces livres qui non seulement ne vous tombent pas des mains mais horripile votre entourage : car pendant que vous le lisez, le reste du monde n'existe plus.  

Mais, eh oui il y a un "mais", cette fois-ci le charme opère moins bien. Dans "La consolante", Anna Gavalda prête sa plume à un homme, Charles Balanda, un presque quinquagénaire, ni marié ni père mais un peu des deux. Sa compagne, chargée de relations chez Chanel a une fille, une ado, Mathilde. Lui est architecte et s'épuise dans les aéroports. Une nouvelle, l'annonce d'un décès, vient tout chambouler dans la tête de Charles. Ses souvenirs lui reviennent comme une gifle et il va "morfler".

Chute et rédemption

Comme dans son précédent livre, Anna Gavalda va conduire, très lentement, son personnage jusqu'au fond, là où il fait sombre et froid, pour enfin donner le petit coup de pied qui permet de remonter à la surface. Voici donc presque deux livres en un.

Celui de la chute, du retour en arrière, écrit à bout de souffle, à coup de successions de phrases sans sujet : "Espérait que non. Referma son carnet. Son portable sonna de nouveau. Refusa l'appel, se leva, rinça sa tasse". (Est-ce comme cela que les hommes pensent ?) Puis, celui de la rédemption où l'oxygène revient en même temps que les couleurs, la nature, le vert, les enfants, la parole. Tout cela grâce à une apparition : une "Mary Poppins" de ferme avec autant d'animaux que d'enfants accrochés à ses bottes.

Délayages

Chez Anna Gavalda, le bonheur n'est pas donné, il se construit, en dépit de l'acquis, de la famille existante : suffit de s'en choisir une autre. Mais pour cela, combien de chemins de traverse, de digressions sur la techniques des charpentes - Charles est architecte- , de détours par des chantiers russes et, forcément, mafieux ? Les ingrédients sont pourtant presque les mêmes que dans "Ensemble c'est tout" - l'auteur s'offre même la fantaisie de réintroduire subrepticement deux de ces anciens personnages dans son nouveau roman -, mais cette fois-ci, le plat est indigeste. Manque la levure. Sans doute a-t-elle été trop éparpillée. La concision, le mordant, les chutes bien balancées, c'est pourtant ce par quoi Anna Gavalda avait commencé avec son recueil de nouvelles "J'aimerais que quelqu'un m'attende quelque part". Elle y reviendra peut-être... On l'espère...

"La consolante", Anna Gavalda, parution le 11 mars, édition Le Dilettante, 24,50 euros. 
 

Par Sophie Lutrand le 10 mars 2008 à 15:44
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8 Commentaires

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  • Fred, le 24/09/2008 à 22h43

    Un livre top moderne plein de sensibilité. Continuez à écrire comme ça!

  • Jo, le 23/07/2008 à 13h07

    Ayant aime, meme si ce n est pas de la haute litterature, "ensemble...", c'est avec peine que je m'accroche a "la consolante". en plus je ne suis qu'a la p.120. je vais insister un peu!!!

  • Bolis, le 01/04/2008 à 09h38

    Il est très bon. A lire sans modération.

  • Emma, le 29/03/2008 à 17h45

    Voilà bien cette race d'écrivains ratés voire encore de pseudo journalistes qui se donne le titre de "critique"! Alors quoi? vous n'avez reçu votre exemplaire gratuit? Du coup, vous cognez sur l'auteur? Je ne saurais comme vous étudier le style, comparer les romans, dépecer ma lecture. Ce que j'ai a dire du dernier Gavalda, c'est que j'ai eu grand plaisir à le lire. C'est l'unique critère pour juger un roman, le seul label de qualité valable. La presse ne fait ni ne défait un succès: c'est le public qui décide! Et le public a déjà contredit votre "papier"! Bravo, madame Gavalda!

  • Amaury, le 12/03/2008 à 00h27

    Qui aurait cru que ma prof de Français de 4ème serait devenue aussi célèbre un jour !

  • Philippe, le 12/03/2008 à 00h15

    Quand on pense que son éditeur "Le Dilletante" se veut un éditeur de qualité et hors norme, même un peu rebelle - publier de tels désastres, il est vrai que cela lui permet de porter de belles bretelles et de fumer le cigare. Enfin, on connaît l'histoire, "c'est en publiant des livres comme cela qu'il peut faire de la littérature difficile", bla bla...

  • Knigge, le 11/03/2008 à 11h17

    Je ne sais pas si celui là sera moins mauvais que le dernier. mais pour moi son dernier bouquin était passionnant comme une liste de course. préférez les grands écrivains ( Montaigne, Voltaire, Chateaubriand, Stendhal, Balzac, Proust...), vous ne serez jamais déçu!

  • DUPONT, le 11/03/2008 à 11h12

    Espérons que ce roman n'est pas pour faire de l'argent !

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