Hugo Claus meurt par euthanasie, les Belges sont chagrin

Par , le 19 mars 2008 à 15h21 , mis à jour le 20 mars 2008 à 10h45

Dossier : Euthanasie: le débat

L'écrivain belge, plusieurs fois favori pour le Prix Nobel de littérature, est décédé mercredi à 78 ans. L'auteur du Chagrin des Belges avait demandé à être euthanasié car il souffrait d'Alzheimer.

[Expiré] [Expiré] Hugo Claus écrivain belge © AFP/P.-F. COLOMBIER

Souvent pressenti pour le Nobel de littérature, Hugo Claus, connu pour Le Chagrin des Belges (1983), s'est éteint mercredi à Anvers à l'âge de 78 ans. L'auteur né à Bruges, qui se présentait comme "un flamingant francophone", souffrait de la malaide d'Alzheimer. Il avait demandé à subir une euthanasie, comme la loi l'y autorise en Belgique. "Je le connais suffisamment pour savoir qu'il voulait partir dans la fierté  et la dignité. Il va nous manquer", a déclaré le ministre flamand de la Culture.

Né le 5 avril 1929 à Brugge, Hugo Claus était aussi auteur de poésie et de théâtre. Il écrivait pour le cinéma. Avec plus cent titres à son actif, l'artiste avait pourtant choisi de se consacrer à la peinture, ces dernières années. Il avait d'ailleurs participé, au  tournant des années 1950, au mouvement d'avant-garde Cobra, comme son compatriote le peintre Pierre Alechinsky. Il avait aussi vécu à Paris où il avait été influencé par le surréalisme et Antonin Artaud qu'il considérait comme son père spirituel.

Contre le séparatisme

Dans Le chagrin des Belges, il décrivait avec le lyrisme brutal et truculent qui était sa marque de fabrique une certaine médiocrité réactionnaire du milieu provincial flamand. Il y dénonçait la collaboration flamande avec l'occupant allemand durant la Seconde guerre mondiale, un des thèmes tabous de la politique belge.

En septembre dernier, alors que la Belgique traversait une crise politique grave née d'une nouvelle poussée autonomiste flamande, il avait signé avec 400 autres personnalités flamandes une pétition pour s'opposer au "discours de séparatisme qui plane dans les négociations gouvernementales". L'écrivain sera inhumé le 29 mars. Une cérémonie aura lieu dans le théâtre anversois du Bourla. Il n'y aura  pas de service religieux.

Un écrivain prolifique

Hugo Claus publie sa première oeuvre à 19 ans, Enregistrer, et écrit sa première pièce à 21 ans. Il acquiert une réputation mondiale avec la traduction en français, en anglais et en japonais de son roman Le Metsier écrit en 1950. Parmi ses oeuvres traduites en francais, figurent La chasse aux canards  (1953), Andréa ou la fiancée du matin (1956), L'homme aux mains vides  (1957), L'Etonnement (1977), Une douce destruction, Hontes (1988),  L'Espadon (1989), Belladonna (1994), La Rumeur (1997) ou Le Dernier lit (2003). L'ouvrage Hugo Claus imagier (1988) présente son oeuvre plastique.

Par David Straus le 19 mars 2008 à 15:21
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17 Commentaires

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  • Pepin, le 07/04/2008 à 15h05

    Et bien moi j'ai assisté a la fin de ma belle-mere, elle a été plongée dans le coma et sous morphine à fortes dose, avant tous les enfants avaient été consultés par le medecin spécialiste des soins palliatifs car elle était en phase terminale du grave maladie, je peux vous assurer qu'elle a tenu 8 jours et quand je lui passais de l'eau sur les levres pour ne pas quelles dessechent et se fendent et bien elle avait encore une petite réaction à ce geste, la fin a été très penible et pas digne. là je pense que l'euthanasie lui aurait évit& bien des souffrances.

  • Annick, le 22/03/2008 à 18h07

    Je suis pour l'euthanasie , non ce n'est pas un meutre d'aider quelqu'un à mourir dignement , allez voir dans les unités EPHAD les personnes atteintes de la maladie d'Alzeimer et vous comprendrez .

  • Nanab, le 21/03/2008 à 13h41

    Une personne qui assiste à un suicide sans tenter de porter secours à la victime est passible de non assistance à personne en danger. L'euthanasie a le grand avantage de permettre au souffrant de terminer sa vie entouré des siens, ce qui n'est pas négligeable, au lieu de lui imposer cette sordide disparition dans la clandestinité qu'exige le suicide. Moi je voudrais mourir comme je suis venu au monde, entouré des gens qui m'aiment sans qu'on puisse les poursuivre pour cela.

  • Julien, le 21/03/2008 à 10h30

    En réponse à Seb, de Nancy, je vous rappelle que dans un meutre, la personne tuée n'est pas consentante, et ne l'a pas demandé. Dans l'euthanasie, c'est tout le contraire. Je vous rappelle également que les méthodes de suicides sont rarement douces(même la prise de médicaments, j'ai une amie qui s'est suicide de cette manière, elle souffrait tellement qu'elle a appelé le médecin, qui est arrivé trop tard). Je ne vois vraiment pas en quoi ça peut vous déranger que des gens qui savent que leur santé (physique ou psychologique) va irrémédiablement se dégrader veulent mourir avant d'en subir les effets. Un peu d'ouverture d'esprit : de nos jours, les gens ne peuvent même pas décider de mourir dignement quand leur mal est incurable. Merci de publier

  • Tabatha, le 20/03/2008 à 22h45

    SEB de NANCY, oser parler de meurtre, un geste humain envers qq qui souffre , qui veut finir dignement et qui le demande, vous devriez revoir votre dictionnaire, vous etes pitoyable!j'espère pour vous que vous ne serez jamais dans cette situation!

  • Emmanuelle, le 20/03/2008 à 21h01

    Je respecte le choix de ce grand Monsieur mais ma mère a l'alzheimer et je souhaite la garder le plus longtemps possible. Je suis contente qu'en France il n'y ait pas ce genre de mesures possibles ou bien certains fils indelicats seraient ravis de voir leur parents disparaitre plus vite pour toucher l'heritage!

  • TOURNOUD, le 20/03/2008 à 17h07

    Pour des raisons très personnelles et familiales, j'ai renié mes parents (on ne les choisit pas, hélas), et je m'apprête à renier ma patrie, j'hésite entre la Belgique et le Suisse. Je suis née près de la Suisse et ai eu le privilège de connaître et cotoyer les Belges pendant plus de 2 ans, apprécier leur humour, et leur joie de vivre. Leur pragmatisme, leur sincérité, et ceux de leurs politiques changent avec l'hypocrisie de nos politiques. On nous accorde le droit de mourir sans souffrir, mais on oublie de nous en donner les moyens...

  • Nadryczny, le 20/03/2008 à 15h15

    Parce qu´être limité intellectuellement, c´est être privé de fierté et de dignité...?

  • Noémie, le 20/03/2008 à 14h55

    Moi je ne trouve pas qu'il avait l'air mourant, en tout cas ce n'est pas dit clairement et je trouve dommage qu'on autorise l'euthanasie dans certains pays. Ce n'est pas parce qu'on souffre ou qu'on est moins brillant qu'auparavant qu'il faut tout de suite penser à mourir. Est ce qu'un adolescent mal dans sa peau et dépressif voit plus d'avenir dans sa vie au'un vieil homme ou une vieille dame atteinte d'une maladie incurable ? Je ne pense pas, et pourtant quand ils se suicident on trouve ca beaucoup plus dommage. Je pense que les lois et les médecins devraient protéger la vie à tout prix.

  • Jean Jacques, le 20/03/2008 à 11h05

    Dommage que Seb de Nancy ne connaisse rien à la maladie d'Alzheimer, surtout au stade final.........

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