Sélection de trois polars italiens publiés début 2008. © DRLe festival Quais du polar se tient à Lyon, de vendredi à dimanche. L'occasion de présenter trois bons polars italiens. Deux d'entre eux seront à l'honneur durant ce festival. Coïncidence ou illustration d'un phénomène de société en Italie, ils s'intéressent aux rapports étroits qu'entretiennent eros, thanatos... et MS-Dos !
| Andrea Camilleri : La Lune de papier (Fleuve Noir) C'est toujours un bonheur de retrouver le commissaire Montalbano. Ce flic sicilien, humaniste, gourmand et colérique, est cette fois-ci confronté à un mort retrouvé avec une balle dans la tête et le pantalon sur les chevilles. L'enquête le conduit à rencontrer la sœur et la maîtresse de la victime. Deux femmes troublantes qui se haïssent et jouent avec les nerfs (et plus) de Montalbano. Ce dernier va une fois de plus faire marcher sa coucourde, d'autant qu'une partie de l'énigme réside dans un ordinateur. Comme toujours avec Camilleri, le récit est truculent, plein d'humour et de piques sur la société italienne. Le tout rédigé dans une langue bien à part, mêlant français et expressions siciliennes. Savoureux ! La Lune de papier est sélectionné pour le prix du meilleur polar européen, qui sera remis dans le cadre de Quais du polar (1).
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![]() | Alessandro Perissinotto : A mon juge (Série Noire Gallimard) Qu'est-ce qui a poussé Angelo, un brillant patron de start-up informatique, à écraser avec sa voiture un de ses clients ? Et pourquoi, alors qu'il est en fuite, annonce-t-il qu'il va commettre un autre crime ? Angelo s'en explique lui-même dans un échange de mails avec son juge. Inspiré de Lettre à mon juge de Simenon, tout le roman est bâti autour de ces courriers numériques, sans que le récit ou le style en pâtissent. On s'identifie surtout à Angelo, même s'il n'hésite pas à se jouer du magistrat... et du lecteur. Au-delà de cette construction originale, Perissinotto s'intéresse à la manière dont la nouvelle économie est devenue la proie des organisations criminelles. Et au détour de la cavale de l'assassin (à moins qu'il s'agisse d'une victime), l'auteur jette un regard cru sur le business du sexe. Edifiant ! Alessandro Perissinotto est présent au festival Quais du Polar.
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![]() | Grazia Verasani : Vite et nulle part (Métailié Noir) Une call-girl a disparu et une de ses collègues s'inquiète. Giorgia Cantini, détective privée à Bologne, se serait bien passée de cette enquête. Il fait si chaud en ce mois d'août et puis, côté moral, ce n'est pas ça... Mais il faut bien vivre. Et il y a ce cahier de poèmes, laissé par la disparue, et surtout, il y a son enfant, âgé de dix ans... Verasani nous entraîne dans le quotidien morne mais plein d'humour de Giorgia, une quadra célibataire et légèrement dépressive. Clopes, boisson, littérature et rock sont ses seuls amis. A travers sa sensibilité de femme, qu'elle ne parvient pas à étouffer, l'enquêtrice nous fait découvrir une ville et une société en mutation, où les individus peinent à trouver leur place, à communiquer, à aimer. Et deviennent des victimes... ou des bourreaux. Emouvant ! |
(1) LCI.fr a chroniqué deux autres polars dont les auteurs sont présents à Lyon : Verre froid de Piergiorgio di Cara (lire : Dans la peau d'un flic anti-mafia), sélectionné pour le prix du meilleur polar européen, et Versus d'Antoine Chainas (lire : Olivier Marchal : "Jeunes flics, cassez-vous !").
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