Le Salon du Livre, quelques heures avant son inauguration par Shimon Peres et Nicolas Sarkozy (13 mars 2008) © TF1/LCI"(...)On peut tout faire d'un livre, sauf faire comme s'il n'existait pas. C'est cela qu'oublient les écrivains arabes (et leurs Etats), qui prétendent boycotter le Salon du Livre de Paris. Les livres israéliens existent, avec ou sans Salon. Ils ne représentent pas l'Etat israélien (...) Pour faire la paix, il faut parler avec son ennemi - et pour cela, quoi de mieux qu'un livre". Ce jeudi, Le Progrès donnait le ton quelques heures avant l'ouverture d'un Salon marqué par une tension pour le moins inhabituelle. La veille dans La Croix, Dominique Quinio dénonçait : "De nombreux écrivains israéliens - notamment ceux qui seront présents au Salon - militent pour la paix, pour l'existence d'un Etat palestinien, et s'opposent vivement aux choix de leur gouvernement. Les lieux de confrontation des idées et les occasions de débats pacifiques ne sont pas si nombreux qu'il faille se satisfaire d'une politique de la chaise vide".
De nombreux pays arabes et musulmans ont décidé de boycotter cette manifestation pour protester contre le fait qu'Israël, qui célèbre le 60ème anniversaire de sa création, en est cette année l'invité d'honneur. L'Organisation islamique de l'éducation des sciences et de la culture (Isesco) - issue de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) - a notamment lancé un appel en ce sens à ses 50 membres, en dénonçant la politique israélienne.
"Celui qui décide de boycotter se punit lui-même"
Paris a affirmé "regretter" les défections, en soulignant que le salon du Livre, où 39 auteurs israéliens sont attendus, est un événement avant tout culturel et un lieu de dialogue. "C'est pour leur oeuvre d'écrivains qu'Amos Oz ou David Grossman, fondateurs du mouvement 'La paix maintenant', et tous les auteurs sélectionnés par les organisateurs du salon sont invités officiellement à Paris", a notamment souligné la ministre de la Culture, Christine Albanel.
"Je suis contre les autodafés, je suis contre le boycott des livres. Tous ceux qui prétendent lire des livres, s'ils ne lisent que les livres qui leur plaisent c'est une pure perte de temps", a pour sa part martelé Shimon Peres, en visite d'Etat en France depuis lundi, et hôte, ce jeudi, du Salon du Livre, qu'il doit inaugurer en compagnie de Nicolas Sarkozy. Pour le président israélien, "celui qui décide de boycotter se punit lui-même".
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