Darwich, le plus célèbre des poètes palestiniens, est mort

le 09 août 2008 à 21h57 , mis à jour le 10 août 2008 à 15h31

Très engagé et considéré comme l'un des principaux poètes arabes de sa génération, Mahmoud Darwich s'est éteint dans un hôpital américain à l'âge de 67 ans.

Mahmoud DarwichMahmoud Darwich © TF1-LCI

Mahmoud Darwich, considéré comme l'un des plus grands poètes du monde arabe, qui souffrait de maladie cardiaque, est décédé samedi au Texas dans un hôpital où il avait subi une intervention chirurgicale. Selon ses proches, ce dernier avait subi une opération à coeur ouvert mercredi dans ce même hôpital et se trouvait sous assistance respiratoire suite à des complications. L'Autorité palestinienne a décrêté lundi soir un deuil national de trois jours. Le poète avait déjà subi deux opérations du coeur en 1984 et 1998. Après sa seconde opération, il avait écrit un poème intitulé: "Mort, je t'ai vaincue".
 
Considéré comme l'un des principaux poètes arabes de sa génération, Mahmoud Darwich est né en 1941 à Al-Birweh, en Galilée, alors en Palestine sous mandat britannique et aujourd'hui dans l'Etat d'Israël. Lors de la guerre israélo-arabe de 1948, ce village est rasé et ses habitants sont forcés à l'exil. La famille Darwich s'enfuit au Liban, où elle restera un an, avant de rentrer clandestinement en Israël où elle s'installe dans la localité de Deir Al-Assada, avec un statut précaire. Après ses études (en arabe et hébreu) dans des école arabes israéliennes, Darwich s'installe à Haïfa, le grand port du nord d'Israël, où vit une importante communauté arabe.
 
En 1960, à l'âge de 19 ans, il publie son premier recueil de poésie "Oiseaux sans ailes". Un an plus tard, il rejoint le Parti communiste d'Israël, une formation judéo-arabe. Il rêve encore de révolution et d'internationalisme et exprime dans sa poésie une identité palestinienne encore niée à l'époque. Il est assigné à résidence durant de longues périodes. Son célèbre poème de 1964, "Identité" ("Sajjel: Ana arabi"), sur le thème d'un formulaire israélien obligatoire à remplir, deviendra un hymne repris dans tout le monde arabe.

Il démissionne de l'OLP pour protester contre les accords d'Oslo
 
Au début des années 1970, il choisit l'exil. Il part pour Moscou étudier l'économie politique puis se rend en 1971 au Caire où il travaille pour le quotidien Al-Ahram. A Beyrouth, en 1973, il dirige le mensuel "Les affaires palestiniennes" et travaille comme rédacteur en chef au Centre de recherche palestinien de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Il rejoint l'OLP alors en guerre avec Israël. Après la guerre israélienne au Liban durant l'été 1982, qui a forcé la direction de l'OLP à trouver refuge à Tunis, Darwich reprend la route de l'exil: Le Caire, Tunis puis Paris. En 1993, il démissionne de l'OLP pour protester contre les accords d'Oslo, estimant qu'ils n'apporteront pas une "paix juste" pour les Palestiniens.
 
Le poète se rend en 1995 dans la bande de Gaza après l'avènement de l'Autorité palestinienne, avant de s'installer à Ramallah, en Cisjordanie. En mai 1996, il est autorisé à fouler le sol d'Israël pour la première fois depuis son exil afin d'assister aux funérailles de l'écrivain arabe israélien Emile Habibi. Ces dernières années, il vivait entre Ramallah et Amman. Lauréat du prix Lénine de l'ex-URSS, chevalier des Arts et des Lettres (France), il avait reçu à La Haye le prestigieux prix Prince Claus pour "son oeuvre impressionnante".

(D'après agence)

le 09 août 2008 à 21:57
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5 Commentaires

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  • Med hassani, le 14/08/2008 à 21h38

    Et bien c'était une estimable bougie qui s'est etéinte apres un long parcourt de combat de perseverance de sacrifices mahmoud darwich est plus qu'un poete il était plutot un vertuose de la poesie arabe ses mots avaient la force des balles ses receuils avaient de l'ame il traduisait l'amertume le desepoir infligées au peuple palestinien et a tout le monde arabe .nous pleurons aujourd'huit un grand homme adieu mahmoud .de la part d'un jeune marocain qui t'admirait bcp.adieu

  • Yerroglif, le 11/08/2008 à 00h35

    A chaque fois qu'un village est rasé,un poète nait.Darwich a su semer dans le coeur de l'e^tre humain, dans toute sa diversité culturelle,une fleur qui s'appelle L'AMOUR DE LA LIBERTE. Puissent tous les autres villages palestiniens rasés donner des Darwich.

  • Hassan, le 10/08/2008 à 01h03

    C'est une grande perte pour le monde arabe.

  • Daniel, le 10/08/2008 à 00h25

    Je ne vois pas le rapport entre le photo qui a été mis dans cet article et la mort de Mahmoud Darwich.

  • Prisca, le 09/08/2008 à 22h39

    C'est un immense écrivain qui disparaît. Sa vision moderne du monde arabe était un espoir pour tous ceux qui croient encore à la force des mots. Sa poésie était vivante, il pouvait parler de fleurs et de sexe, de liberté et de politique. Son humour était parfait. Force de résistance qui disait l'homme debout malgré tout. Je pleure ce soir...

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