Jean-Paul Dubois : 12 mois entre parenthèses

Par , le 14 août 2008 à 16h28 , mis à jour le 16 août 2008 à 10h30

Chronique - Avec "Les accommodements raisonnables", Jean-Paul Dubois signe un roman ironique et incisif sur la crise des 50 ans, ses petites concessions et ses défaites ordinaires.

Les accommodements raisonnables Jean-Paul DuboisLes accommodements raisonnables de Jean-Paul Dubois © L'Olivier/Lee Dongsub

Jean-Paul_Dubois
Les accommodements raisonnables
L'Olivier
21 euros, 272 pages


Un père de 80 ans revigoré par la mort de son propre frère - qui lui lègue des millions, il est vrai. Une épouse profondément dépressive partie pour une longue cure de sommeil. Paul Stern, quinquagénaire toulousain, hésite peu lorsqu'un producteur hollywoodien l'invite outre-Atlantique pour adapter le scénario d'un film français. Une rencontre troublante donne une autre dimension à cette parenthèse de 12 mois en exil.

C'est un concept propre au droit du travail canadien, les accommodements raisonnables, qui a donné à Jean-Paul Dubois l'idée du titre de son nouveau roman. La notion consiste à faire prendre à un employeur les mesures raisonnables favorable à un salarié - handicapé, par exemple - pour répondre à ses besoins sans que cela n'entrave indûment l'exploitation de l'entreprise.

"A mes yeux, c'est
une grande marque
de civilisation"

Jean-Paul Dubois

"Je trouve cette expression absolument superbe, confiait récemment l'auteur à la presse québécoise. C'est tellement joli cette idée d'accommodements raisonnables, même si au Québec vous ne le voyez peut-être plus. A mes yeux, c'est une grande marque de civilisation."

L'histoire n'a rien d'un traîté juridique. Sa trame ne passe même pas par Québec ou Montréal, comme le faisait Si ce livre pouvait me rapprocher de toi en 1999. "Dans le roman, j'applique le principe des accommodements raisonnables à la vie de couple", explique le Prix Fémina 2005 pour Une vie française.

Fidèle à un style drôle, souvent désabusé et toujours exigeant, l'écrivain, par ailleurs grand-reporter au Nouvel Observateur, signe un roman mature et incisif sur la crise des 50 ans, les vieux couples, les petites défaites et concessions d'adultes si raisonnables. En fin connaisseur de la société américaine, Jean-Paul Dubois campe le décor dans un hollywood en pleine grève des scénaristes tandis que, depuis Toulouse, le père du héros fait la chronique de l'élection présidentielle. Savoureux.

Par David Straus le 14 août 2008 à 16:28
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3 Commentaires

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  • Cagi, le 12/10/2008 à 18h38

    Je suis allée à la signature du livre, sans l'avoir lu entierement. je le regrette.ce qui m' a emue dans ce livre, c'est que l'auteur traite de la dépression et il me semble que personne n'en parle.je regrette de ne pas avoir pu en parler avec lui.mais je suis d'accord, c'est un livre mélancolique et si on fouille bien un peu triste. par contre pourquio n'aime t-il pas à ce point les dentistes? merci Michelle.

  • Alain, le 18/09/2008 à 23h23

    Pour ma part, je suis un fidele admirateur et lecteur de Mr Dubois. Depuis que je l'ai découvert avec "Une vie française". Je retrouve toujours avec beaucoup de plaisir son écriture précise et simple (au sens noble du terme), Moi même du même âge et toulousain d?origine, je crois bien ressentir l''atmosphere de ma ville d'origine dans beaucoup de ses pages. Je n'ai pas encore lu l'ouvrage en objet de cette page web, mais je ne doute pas de me régaler bientôt. Merci

  • Corinne, le 09/09/2008 à 16h15

    Je suis une assez grande lectrice et ma librairie m'a conseillé de lire votre livre "Les accomodements raisonnables" ce que je suis occupée à à faire. C' est un vrai régal. C'est le premier livre que je lis de vous et votre style, vos différents thèmes abordés me séduisent beaucoup. Toutes mes félicitations pour ce petit chef d'oeuvre

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