© sxc.huAvant la rentrée des classes, il y a la rentrée littéraire. Les premiers livres apparaissent dans les rayons après le 15 août et les sorties s'étendent jusqu'à la mi-octobre. Alors la saison des prix littéraires prend le relais. Avec 676 nouveaux romans, le cru 2008 reste abondant même s'il est en retrait par rapport aux 727 romans de l'an dernier. Et la baisse touche aussi bien les romans français (-5,5%), étrangers (-10%), que le nombre de premiers romans (-10%). La plupart des grandes maisons d'édition ont réduit leur production mais de plus en plus d'éditeurs se pressent au grand raout de l'étét finissant.
La rentrée littéraire fait la part belle aux récits de famille. Les pères sont particulièrement à l'honneur. Chez Grasset, Philippe Vilain avec Faux-père, décrit les neufs mois précédant une paternité non voulue. Chez Stock, Jean-Louis Fournier, qui manie habituellement l'humour et la dérision, évoque cette fois de manière à la fois drôle et tendre ses deux fils handicapés dans On y va, papa ?
Reflet des inquiétudes
Et chez Flammarion, Fabrice Pliskin, dans Le Juif et la métisse, dresse le portrait d'un jeune père en perdition tandis qu'à L'Olivier, le Prix Femina 2004 pour Une vie française, Jean-Paul Dubois, dépeint la renaissance d'un père octogénaire dans Les accommodements raisonnables. Laurent Maréchaux sort Bijoux de famille au Dilettante qui publie aussi Vue sur la mère de Julien Almendros. Eliette Abécassis a écrit, chez Albin Michel, Mère et Fille et Alice Ferney y explore les sentiments amoureux dans Paradis conjugal.
Nombre de romans reflètent les inquiétudes de l'époque ou puisent dans l'actualité la plus sombre. Le voyage du fils (Grasset) d'Olivier Poivre d'Arvor s'inspire de l'histoire d'une Chinoise en situation irrégulière qui s'est défenestrée en 2007 à Paris par peur d'un contrôle de police. Fait divers encore, l'héroïne de Twist (Lattès) de Delphine Bertholon est une adolescente enlevée à la sortie de l'école, dont le sort rappelle de récentes affaires de séquestration.
Annuelle Nothomb
Outre Dubois et Ferney, les têtes d'affiche de la rentrée, se nomment Sylvie Germain, Catherine Millet qui évoque la jalousie dans Jour de souffrance (Flammarion), Yasmina Khadra qui s'interroge dans Ce que le jour doit à la nuit (Julliard) sur la double culture franco-algérienne, ou Christine Angot, qui raconte dans Le marché des amants (Seuil) sa liaison avec le chanteur Doc Gynéco. Et bien entendu que serait la rentrée sans Amélie Nothomb qui bénéficie du plus fort tirage de départ, 200.000 exemplaires, avec son 17e roman, Le fait du prince (Albin Michel).
Comme chaque année, les romans les plus exposés au départ ne sont pas forcément ceux qui séduiront les lecteurs. Olivier Rolin, François Vallejo, Marie Nimier, Pierre Mérot, Christian Authier, Benoît Duteurtre ou Faiza Guène, comptent également parmi les auteurs confirmés de la rentrée. De même que Régis Jauffret et son très attendu Lacrimosa. Crack (Seuil) de Christian Jordis et Noirs néons (Alphée) de Jean-Marc Rosier explorent les bas-fonds urbains. Un monde désenchanté où Cyril Massarotto fait figure d'optimiste avec un premier roman au titre prometteur, Dieu est un pote à moi (XO).
| Un tiers des romans vient de l'étranger |
Les auteurs anglo-saxons représentent toujours plus de la moitié des traductions (109 sur 210 romans étrangers), avec notamment les Britanniques Ian McEwan (Sur la plage de Chesil, Gallimard) ou David Lodge (La vie en sourdine, Rivages) ou Doris Lessing, prix Nobel 2007 (Alfred et Emily, Flammarion). Richard Russo (Le pont des soupirs, Quai Voltaire), le mystérieux Thomas Pynchon (Contre-jour, Seuil), Harlan Coben (Mauvaise base, Fleuve Noir) ou Paula Fox (Parure d'emprunt, Joelle Losfeld) comptent parmi les vedettes américaines de la rentrée. |
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