Jean-Marie Blas de Roblès, La où les tigres sont chez eux, Zulma © TF1/LCI/DR"C'est un grand bonheur de revenir en littérature". Jean-Marie Blas de Roblès, dont le dernier roman avait été publié en 1989, avait séduit les jurys du Médicis et du Goncourt pour les premières sélections des récompenses de novembre. Son livre Là où les tigres sont chez eux chez Zulma vient de remporter le Médicis au quatrième tour à égalité de voix avec Jean-Paul Enthoven pour Ce que nous avons eu de meilleur (Grasset ; lire notre chronique), la voix de la présidente Anne Wiazemsky comptant double.
"C'est une très belle récompense qui me permet de remercier de la meilleure façon mon éditeur, a déclaré l'auteur. Le manuscrit a été refusé en 1997 par une douzaine d'éditeurs parmi les plus grands de la place parisienne. Après je ne l'ai plus proposé pendant dix ans." Convaincu de faire à nouveau circuler son texte l'an dernier, Roblès a essuyé de nouveaux refus, en raison notamment du volume du manuscrit. "Jusqu'au moment où Zulma a créé le miracle."
Là où les tigres sont chez eux (Zulma), une variation autour de la figure d'un jésuite du XVIIe siècle, Athanase Kircher, est un roman foisonnant de près de 800 pages, auquel il a consacré dix années de travail. Le personnage principal, Eléazard von Wogau, correspondant de presse dans le nordeste brésilien, part sur les traces de Kircher, jésuite, scientifique un peu charlatan, passionné d'orientalisme et de mathématiques. L'action du roman évolue de l'Europe du XVIIe siècle aux favelas du Brésil d'aujourd'hui.
Philosophe
Ecrivain globe-trotter, spécialiste d'archéologie sous-marine. Jean-Marie Blas de Roblès, 54 ans, a fait des études de philosophie à la Sorbonne puis a notamment enseigné en Chine et au Brésil. Auteur de plusieurs romans et d'un recueil de nouvelles, il a reçu le Prix de la nouvelle de l'Académie française en 1982 pour La mémoire du riz et autres contes.
Le prix Médicis 2008 du roman étranger a été attribué au Suisse de langue allemande Alain Claude Sulzer pour Un garçon parfait (éditions Jacqueline Chambon), au second tour par six voix contre quatre à l'Américain Denis Johnson, auteur de Arbre de fumée (Christian Bourgois ; lire notre chronique). Le prix Médicis de l'essai a été attribué à Cécile Guilbert pour Warhol spirit publié chez Grasset, par six voix contre quatre à Elisabeth de Fontenay pour Sans offenser le genre humain (Albin Michel).
Lundi, le prix Femina 2008 a été attribué lundi à Jean-Louis Fournier pour Où on va papa ? paru chez Stock. Le Grand prix du roman de l'Académie française a lui été remis à Marc Bressant pour La dernière conférence (Fallois). L'Académie Goncourt, renouvelée et dotée de nouveaux statuts, décide de son prix le 10 novembre, de même que le jury du Renaudot. L'Interallié clôt la saison le 18 novembre.
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