Rentrée littéraire 2008 : "Daphné disparue" de Juan Carlos Somoza (Actes Sud). © DR/sxcDaphné disparue
Juan Carlos Somoza
Actes Sud
"Les écrits restent". Juan Cabo s'accroche à cette affirmation comme un naufragé à sa bouée. Car, à la suite d'un accident de voiture, ce romancier célèbre a perdu la mémoire. Le seul souvenir qui lui reste, c'est une phrase énigmatique au début d'un paragraphe, inachevé, écrit avant son accident : "Je suis tombé amoureux d'une femme inconnue".
Que de mystères et de promesses contenus dans cette phrase. Aussi l'auteur va-t-il se mettre en quête de l'inconnue élue de son cœur. Si elle a jamais existé. "Je suis écrivain, explique Juan, de sorte que je ne peux pas me fier à ce que j'écris. Qui sait si ce que j'ai écrit hier, je l'ai inventé ou vécu ? (...) Amnésique comme je suis, comprenez-le, les mots en soi ne suffisent pas... Ma profession dans ce cas est un obstacle..." Et d'ajouter : "la littérature est le meilleur alibi que nous ayons inventé pour le mensonge".
Labyrinthe philosophico-littéraire
C'est à une enquête philosophico-littéraire que nous convie José Carlos Somoza. Comme pour ses précédents ouvrages (La théorie des cordes, La caverne des idées), l'écrivain prend un malin plaisir à créer un récit où les surprises cueillent le lecteur à chaque tournant (de page). Personnages bizarroïdes et univers kafkaïesque contribuent également à l'originalité de Daphné disparue.
Les amateurs de puzzles et labyrinthes adoreront entrer dans le jeu de Somoza, suivre les pas de Juan Cabo, se perdre avec lui, tenter de démêler les fils (d'Ariane) de l'intrigue. Ils seront récompensés par un rebondissement final à la mesure du mystère initial. Les autres risquent forts d'être déroutés et de perdre leur intérêt à force de tourner en rond, impassibles au sort de cet écrivain amnésique. Alors, prêts à entrer dans le dédale de Somoza ?
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