Cherchez la femme, trouvez la flamme

Par , le 18 janvier 2009 à 18h15 , mis à jour le 18 janvier 2009 à 18h49

Chronique -Finaliste du Goncourt, La Beauté du monde de Michel Le Bris raconte l'histoire trépidante d'Osa Johnson, aventurière américaine qui inspira l'héroïne de King Kong. Cette somme inégale emmène le lecteur dans un long voyage, du Middle West à la savane africaine en passant par Harlem.

Michel le Bris La Beauté du Monde Grasset 2008Michel Le Bris, La Beauté du Monde, Grasset 2008 © Grasset/dr

Michel  Le Bris
La Beauté du monde

Grasset
680 pp., 21,90 euros

Osa et Martin Johnson furent pour l'Amérique des années 20 Les amants de l'aventure. L'une ne fut pas que l'épouse de l'autre. Osa fut l'actrice de sa propre vie - et pas seulement devant la caméra de son cinéaste de mari, ancien compagnon de route de Jack London et précurseur du documentaire animalier.

Si une part d'elle-même resta à jamais ancrée dans son Middle West, son sweet home natal, l'autre la mena chez les anthropophages des mers du Sud, puis au Kenya - sa grande histoire - et dans cette autre jungle urbaine que fut le New York des Roaring Twenties. L'une, vraiment, ne fut pas que l'épouse de l'autre. Et, c'est d'ailleurs à travers ses yeux, et non ceux de Martin, que Michel Le Bris, directeur du festival malouin Étonnants Voyageurs, choisit de romancer les meilleures années de ces deux aventuriers américains.

Le retour de l'aventure

Car il s'agit bien d'un roman très documenté, et non d'un biographie romancée, que l'auteur livre. En près de 700 pages, il tisse une odyssée entremêlant les mythes finissants des explorateurs et de la Conquête de l'Ouest. Retenu dans la dernière sélection du Goncourt, La Beauté du monde marquait - avec d'autres nouveautés de l'automne, comme Chasseur de lions d'Olivier Rolin - le retour de la littérature française à la tradition du voyage, de l'aventure, en rupture avec la production, jugée autocentrée et coupablement introspective, des dernières rentrées.

Cette somme a trouvé son public. Au début, j'étais moi-même séduit par ces premières pages sur la Prohibition, Harlem enfiévré où le jazz est roi. L'arrivée en Afrique et les premières descriptions de la savane sont aussi savoureuses, malgré leur côté photos jaunies du National Géographic. J'ai aimé aussi quelques considérations bien senties sur la jeunesse de l'Entre-deux-guerres ou sur les sources de l'art. On en est alors qu'au premier tiers à peine de bouquin.
 
Puis, le récit stagne, se déploie, jusqu'à parfois faire désespérer de le suivre jusqu'à son terme. Je devais bien cet effort à Osa Johnson, qui inspira l'héroïne de King Kong, et à Michel Le Bris qui consacra cinq années de son existence à cet ouvrage. Je n'ai pas vibré. Peut-être suis-je passé à côté de ce livre. Nombre de mes confrères l'ont aimé. Je vous laisse seuls juges.
Par David Straus le 18 janvier 2009 à 18:15
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