L'écrivain bangladaise Taslima Nasreen, menacée de mort par des extrémistes musulmans, va être logée par la municipalité de Paris. Contrainte de quitter l'Inde sous le coup de nouvelles menaces au printemps dernier, Taslima Nasreen, âgée de 45 ans, a vécu ces derniers mois entre Stockholm, Berlin et les Etats-Unis. Elle avait dû fuir le Bangladesh en 1994, un tribunal ayant estimé qu'elle avait porté atteinte "intentionnellement" aux sentiments religieux musulmans dans son roman Lajja (La Honte), écrit en bengali, dans lequel elle affirmait que la minorité hindoue du Bangladesh était mal traitée.
La romancière s'installera début février dans une résidence d'artistes du Xe arrondissement de la capitale française. Elle y disposera d'un studio de 30m2 dont le loyer sera payé, dans un premier temps, par la mairie de Paris.
"Vous êtes ici chez vous"
Taslima Nasreen avait été faite citoyenne d'honneur de la ville le 7 juillet 2008. Bertrand Delanoë avait lancé à cette "combattante de la liberté", présente dans la tribune du Conseil de Paris: "vous êtes ici chez vous, dans la ville où il fut proclamé que les hommes naissent et demeurent libres et égaux, et que nul ne peut être condamné pour ses opinions". Or précisément, il y a un mois et demi, la romancière a fait appel à la mairie pour trouver un logement ; le cabinet du maire a alors cherché la solution "la plus efficace et la plus conforme" à ses propres procédures.
Nasreen s'est vu décerner le prix Simone de Beauvoir par le gouvernement français pour ses écrits féministes, mais elle n'a pas pu se rendre en France en janvier 2008 pour le recevoir. Le Parlement européen lui a décerné le prix Sakharov pour la liberté de pensée la même année. Avocate de la laïcité, militante féministe, l'écrivain explique faire campagne pour l'émancipation des femmes - "l'Islam est une torture pour les femmes", estime-t-elle - et contre l'oppression des minorités non-islamiques dans les sociétés islamiques.
D'après agence






