Un petit répertoire des fous de Palerme

Par Matthieu DURAND, le 27 mars 2009 à 05h30 , mis à jour le 26 mars 2009 à 16h20

Chronique - Le journaliste et écrivain sicilien Robert Alajmo a compilé dans un recueil savoureux les portraits de Palermitains excentriques. Des "fous" qui, souvent, nous ressemblent...

Palerme livreRoberto Alajmo : "Les fous de Palerme" (Rivages) © Rivages/sxc.hu

Les Fous de Palerme
Roberto Alajmo
illustrations de Paul Ladouce
Rivages
176 pages, 16 euros

"Le premier faisait collection d'histoires excentriques". Ainsi débute Les Fous de Palerme. Le premier, c'est le premier fou, bien sûr et il s'agit de l'auteur. Journaliste et écrivain sicilien, Roberto Alajmo a pris l'habitude de compiler des petits récits de vie dont les héros sont ou étaient des habitants de Palerme. Mais pas n'importe lesquels : des gens hauts et en couleurs. Des originaux, des drôles d'oiseaux. Des fous, quoi.

En quelques lignes ciselées, au style lapidaire d'un entrefilet de journal, Alajamo parvient pourtant à faire ressortir les traits marquants de personnages attachants ou dérangeants. Et de ces instantanés de vie, il nous fait entrevoir les grands drames et petits bonheurs de l'existence. On sourit, on soupire, on est même ému à la lecture de ces condensés d'humanité qui nous parlent autant des Palermitains que de nous-mêmes.

Trois fous selon Alajmo

"Un autre, le professeur Ascoli, était un médecin de renom. Quand il était confronté à un cas clinique particulièrement délicat, il lui arrivait d'interrompre une consultation, de laisser le patient en caleçon dans son bureau et d'aller faire un tour à vélo pour mieux réfléchir. Puis, il revenait et ne se trompait jamais de diagnostic."

"Un autre, le repenti Stefano Calzetta, vivait à la fin de sa vie devant la préfecture de police en se plaignant de sa condition. Il ne s'en allait que le soir, pour dormir dans l'asile de la rue Biscottai. Il avait peur d'être assassiné et fumait seulement les cigarettes qu'il se préparait lui-même. Il aurait été facile de le tuer, mais la vengeance de la Cosa Nostra fut de le laisser vivre ainsi, jusqu'au jour où il eut une attaque et mourut."

"Un autre laissait toujours sa Fiat 500 rouge garée en double file. Et bien visible, sur le tableau de bord, un mot dans une écriture très élégante : ‘Je reviens tout de suite. Ou bien je ne viens plus. Faites comme il vous plaira. Merci. Monsieur Conti.'"

 

Par Matthieu DURAND le 27 mars 2009 à 05:30
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