Roberto Saviano : "Le contraire de la mort" (Robert Laffont). © Robert Laffont/sxc.huLe contraire de la mort
Roberto Saviano
Robert Laffont
88 pages, 12,50 euros
Pour avoir dénoncé les agissements de la camorra dans le livre choc Gomorra, Roberto Saviano est contraint de vivre caché, sous protection policière. La mafia napolitaine veut sa peau.
Une menace permanente sous laquelle le journaliste italien vit avec résignation, voire fatalisme. S'il n'est plus tout à fait libre de ses mouvements - pour des raisons de sécurité, Saviano a conservé intactes sa capacité d'indignation et sa liberté de parole. Ecrire pour ne pas disparaître, témoigner pour braver ceux qui veulent le faire taire à jamais.
Enfer méridional
Le contraire de la mort, publié chez Robert Laffont, s'inscrit dans la même démarche que Gomorra : une approche journalistique et un traitement littéraire de la réalité napolitaine. Cette réalité, c'est une ville rongée par la misère et livrée à la violence. C'est "un pays en guerre mais qui l'ignore". Pour échapper à cet enfer - qui s'étend à toute l'Italie méridionale -, les jeunes sont condamnés à fuir, à intégrer le système mafieux ou à en devenir les victimes.
Gaetano a choisi la première voie. Il s'est engagé dans l'armée. Besoin d'argent. Il a été envoyé en Afghanistan où il s'est fait tuer. Laissant dans le désespoir Maria, sa fiancée devenue jeune veuve. Giuseppe et Vincenzo aussi ont été tués. Abattus comme des chiens par un clan de la camorra. De ce tragique fait-divers, il serait facile d'imaginer un règlement de compte entre camorristes. La vérité est toute autre, comme le démontre Saviano.
Trois morts, une survivante. Dans ces deux récits forts et poignants, Roberto Saviano s'attache à replacer l'humain au cœur des situations qu'il décrit. La mainmise de la camorra sur la Campanie et la pauvreté qui règne dans cette région abandonnée par l'Etat italien ne s'expriment pas sous la forme de statistiques ou d'entrefilets dans la presse, ce sont avant tout des vies brisées. Des personnes qui formaient des projets, aimaient, riaient, souffraient... Saviano leur rend un bel hommage.
"P'tite Canaille", Adriana et les autres |
La terrible réalité napolitaine constitue le théâtre dans lequel évoluent "P'tite Canaille", Adriana, Anna et les autres. Des femmes surtout - ado qui se cherche, quadra qui ne sait plus où elle en est, ambitieuse prête à tout, veuve de camorriste... Valeria Parrella leur donne vie dans un recueil de nouvelles intitulé Le ventre de Naples. Chaque histoire est un condensé de vie raconté sans emphase mais avec justesse et une ironie mordante. |
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