A la découverte des mystérieuses "îles" de Rome

Par Matthieu DURAND, le 15 juin 2009 à 05h30 , mis à jour le 14 juin 2009 à 16h14

Chronique - Dans "Iles", l'écrivain Marco Lodoli nous fait découvrir des lieux inédits et précieux qui se cachent au sein de la Ville éternelle. Embarquez pour un beau voyage !

Rome guideMarco Lodoli : "Iles, guide vagabond de Rome" (La Fosse aux Ours) © La Fosse aux Ours/sxc.hu

Iles, guide vagabond de Rome
Marco  Lodoli
La Fosse aux Ours
224 pages, 18 euros

Les sept collines de Rome forment un archipel au sein duquel se cachent d'innombrables îles méconnues, délaissées ou mystérieuses. "Les îles romaines de ce livre (...) sont découpées dans le corps de la ville, des lieux précieux perdus au milieu d'un océan frénétique d'insouciance", précise Marco Lodoli. Tant il est vrai que "la valeur des choses réside surtout dans la manière dont nous portons le regard sur elles".

"Dépoussière-toi le regard", lance donc ce Christophe Colomb de la Ville éternelle au lecteur-passager qu'il embarque dans ses pérégrinations urbaines. Des voyages insolites hors des sentiers battus où se concentre la masse des touristes. Pour découvrir "un trésor impérissable", direction corso Vittorio Emanuele : l'église baroque surnommée Chiesa Nuova abrite "une grande toile de Pierre Paul Rubens". Il ne s'agit pas de son œuvre la plus fameuse mais ce tableau a la particularité d'intégrer un tableau plus petit qui, chaque matin, est retiré, pour laisser apparaître une image pieuse encore plus ancienne.

Fontaine pour chien et centre du monde

Place San Salvatorio in Lauro, il ne faut pas lever les yeux vers un dôme étincelant mais baisser la tête pour découvrir la seule fontaine pour chiens de la ville ! Au club de tennis baptisé Le Mirage, derrière le restaurant, en se penchant au-delà de la balustrade, le curieux assistera à l'accouplement joyeux du Tibre et de l'Aniene. Parfois, l'île est toute simple : un arbre qui pousse sur un viaduc, une librairie, une boulangerie ou une pizzeria qui propose des produits peu chers et succulents... Une autre fois, il s'agit... du centre du monde !

Formidable guide bis que celui de Marco Lodoli. Et pour ne rien gâcher, l'auteur a su traduire dans un style empreint de poésie ce regard curieux et amoureux qu'il porte sur sa ville. 

Capri, ce n'est jamais fini

Depuis l'Antiquité, Capri, le rocher fleuri qui fait face à Naples, enchante ses visiteurs. Sa beauté sauvage et celle de ses habitants suscitent les passions. Empereurs, artistes, libertins, romantiques... de Tibère à Oscar Wilde, en passant par Lénine, Brigitte Bardot, Goethe ou la Callas, nombreux sont ceux qui ont succombé aux charmes et aux tentations de cette île-refuge. Avec beaucoup d'érudition, Antonella Boralevi nous conte le roman d'un lieu dont la magie demeure intacte.
Antonella Boralevi : Capri, histoire d'un mythe (Arléa), 214 pp., 18 euros.

 

Par Matthieu DURAND le 15 juin 2009 à 05:30
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