Cet élu UMP qui veut museler les prix Goncourt

Par TF1 News (D'après agence), le 11 novembre 2009 à 07h24 , mis à jour le 11 novembre 2009 à 12h22

Un prix Goncourt a-t-il un devoir de réserve ? C'est, semble-t-il, l'avis d'Eric Raoult qui appelle Marie Ndiaye, très critique sur Nicolas Sarkozy, à "respecter l'image" de la France.

Eric Raoult, le 26 avril 2007 (C. Platiau / Reuters)Eric Raoult, le 26 avril 2007 (C. Platiau / Reuters) © (C. Platiau / Reuters)

L'entretien qui a fait tiquer Eric Raoult avait été publié cet été par le magazine Les Inrockuptibles, dans son numéro daté du 18-24 août. Marie Ndiaye, qui n'avait pas encore été récompensée par le prix Goncourt, y expliquait notamment pourquoi elle avait choisi de vivre à Berlin avec son compagnon et leurs trois enfants depuis deux ans. "Nous sommes partis juste après les élections", disait-elle, "en grande partie à cause de Sarkozy (...) Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux". Des propos très critiques qu'elle appuyait encore en réponse à la question "Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ?" : "Je trouve cette France-là monstrueuse", affirmait-elle.

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Désormais estampillée "prix Goncourt", pourrait-elle encore s'exprimer aussi librement ? Eric Raoult ne l'entend pas de cette oreille. L'élu UMP de Seine-Saint-Denis a d'ailleurs interpellé mardi Frédéric Mitterrand sur les propos, déplacés selon lui, tenus par l'écrivaine, estimant qu'en tant que lauréate du Prix Goncourt, elle se devait de "respecter la cohésion nationale et l'image" de la France.

"Un prix Goncourt n'est pas un préfet"

Selon Eric Raoult, "ces propos d'une rare violence sont peu respectueux, voire insultants, à l'égard de ministres de la République et plus encore du chef de l'Etat". Et d'ajouter : "Il me semble que le droit d'expression ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel". Arguant du "devoir de réserve dû aux lauréats du Prix Goncourt", il estime qu'une "personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d'un certain respect à l'égard de nos institutions". Il demande à Frédéric Mitterrand de lui "indiquer sa position sur ce dossier et ce qu'il compte entreprendre en la matière".

Le ministre de la Culture n'a pour l'heure pas réagi. Pour sa part, Erik Orsenna, lui-même prix Goncourt, a rétorqué mercredi matin sur France info, tournant en dérision cette mention d'un prétendu devoir de réserve : "un prix Goncourt n'est pas un préfet. C'est même tout le contraire". Avant d'appeler l'élu de Seine-Saint-Denis à "aimer un peu plus la liberté". Bernard Pivot, membre de l'Académie Goncourt, a enfoncé le clou : "Le devoir de réserve des Prix Goncourt n'a jamais existé, n'existe pas et n'existera jamais. Ce serait bien mal connaître les écrivains que de croire qu'il existe. Ce qui est vrai, c'est que le Goncourt renforce une position, donne une aura, une légitimité. Mais les propos que tiennent les lauréats n'engagent qu'eux-mêmes, ils n'engagent en aucun cas l'Académie Goncourt et encore moins la France".

Quant à Marie Ndiaye, elle s'est efforcée de désamorcer la polémique naissante. L'auteur de Trois femmes puissantes a tenté de relativiser sur Europe 1 les propos qui lui sont aujourd'hui reprochés par Eric Raoult. Propos qu'elle a qualifiés elle-même de "très excessifs", assurant que même si elle vit en Allemagne, elle "ne veut pas avoir l'air de fuir je ne sais quelle tyrannie insupportable. Depuis quelque temps, je trouve l'atmosphère en France assez dépressive, assez morose. Il me semble qu'à Berlin, elle est plus exaltante". Et interrogée sur un lien direct entre son départ de France et l'élection de Nicolas Sarkozy, elle a répondu : "Je ne crois jamais qu'un seul homme puisse faire un pays".

Par TF1 News (D'après agence) le 11 novembre 2009 à 07:24
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35 Commentaires

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  • jean, le 19/11/2009 à 18h05

    Je ne comprends vraiment pas ce debat!!!

  • lutner, le 12/11/2009 à 11h15

    Merci pour elle RAOULT! Grace à ton plan com à deux balles tu vas booster les ventes de ce bouquin. Un conseil, si un jour vous recevez un prix littéraire faites appel à Raoult vos ventes feront un bon de 20%! Faire appel à Raoult, c'est un service personnalisé, un plan de com. ambitieux, le tout gra tui te ment. En ce moment une remise exceptionnelle est proposée si vous adoptez une préface de F.Lefevre pour votre ouvrage. Effets garantis...

  • jon_chninkel, le 12/11/2009 à 09h33

    Mr Raoult aurait du appliquer à lui même les conseils qu'il préconisait à Mme Ndiaye, ou du moins réfléchir avant de parler. Car, si il peut s'exprimer de la sorte, c'est parque nous sommes en démocratie, ou la liberté d'expression est un droit fondamental. En tant qu'homme politique et député, il est inadmissible d'oublier un tel droit

  • baron_von_bubba, le 12/11/2009 à 09h24

    Il y a déjà les médias qui ont un devoir de réserve, ou plutôt un devoir d'éloge,la les écrivains, ce n'est plus un devoir de réserve, mais plutôt un devoir de se taire ou de faire des éloges.Il serait bon de rappeller à ce monsieur qu'on vit encore en démocratie.

  • mat10016, le 12/11/2009 à 09h14

    Tout francais a le droit de partir dans un autre pays si cela lui permet d'etre plus heureux. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal a dire pourquoi elle est partie de France, comme ce qu'il y a a vous repprocher de defendre le gouvernement. Critiquer une personne et sa politique, ne serait-ce le chef de l'etat (et ses ministre qui sont nommes et non elus...) est totalement legal et utile au debat, n'en deplaise a vos convictions. Refuter a qui que ce soit le droit d'exprimer son opinion me parait totalement arbitraire et denoter d'une etroitesse d'esprit qui ne se prete pas une critique ouverte.

  • jgh67, le 12/11/2009 à 09h10

    En réalité comme n'importe écrivain peut, un jour, être distingué par un prix littéraire, il faudrait demander à la totalité du monde littéraire, de cette planète, de se taire...Vaste programme!!!

  • fbesson2000, le 12/11/2009 à 08h57

    Le montant du prix goncourt s'eleve a la somme faramineuse de 10 euros pour info et pour les incultes.

  • aphrael250, le 12/11/2009 à 08h09

    Voilà le premier commentaire sensée que je lit sur le sujet. si Sarkosy n'avait pas été le sujet à la mode, jamais elle n'aurait eu le prix goncourt

  • paypay85, le 12/11/2009 à 07h58

    Oui elle a le droit de s'exprimer mais dans ce cas là, qu'elle soit honnête avec elle même en reversant TOUS les droits d'auteurs supplémentaires qu'elle va recevoir avec ce prix. Car cette France qu'elle ne supporte pas au point de ne pas y vivre, va sacrément lui arrondir ses fins de mois !!! Ce ne sont pas les allemands qui vont se ruer sur son livre, mais bien les francais ! Enfin pas moi...

  • moncommandant, le 12/11/2009 à 06h37

    Gac87, alors en 1981, tu devais être sur une autre planète.

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