© sxc.huTradition oblige, ils doivent être attribués l'un après l'autre, à quelques minutes d'intervalle. Après le Grand prix du roman de l'Académie française jeudi, c'est au tour du prix Goncourt d'être attribué ce lundi à 12h45, juste avant le Renaudot. Avec une un quart d'heure d'avance toutefois par rapport à l'habitude. Les jurés Renaudot décerneront également pour la première fois un "Prix Renaudot poche".
Pour le Goncourt, le dernier carré est composé de deux femmes, deux hommes : Laurent Mauvignier pour "Des hommes" (Minuit), Marie NDiaye pour "Trois femmes puissantes" (Gallimard), Jean-Philippe Toussaint pour "La vérité sur Marie" (Minuit) et Delphine de Vigan pour "Les heures souterraines" (JC Lattès). Marie NDiaye, 42 ans, dont "Trois femmes puissantes" est l'un des succès de l'automne, avec un tirage de 140.000 exemplaires, réconcilie le public et la critique. Remarquée l'an dernier avec "No et moi", Delphine de Vigan représente pour sa part la jeune génération des auteurs français. Dans son cinquième livre, elle raconte une histoire de harcèlement moral. Succès critique également pour Laurent Mauvignier, 42 ans, avec "Des hommes", dont les personnages vivent le drame de la guerre d'Algérie, et le Belge Jean-Philippe Toussaint, 51 ans, dont "La vérité sur Marie" prolonge ses précédents récits, "Faire l'amour" et "Fuir" (Prix Médicis 2005). Toussaint et Mauvignier sont publiés aux éditions de Minuit, seules à placer deux titres dans la dernière sélection. Ecrivains reconnus, déjà primés ces dernières années - NDiaye Femina 2001, Mauvignier Livre Inter 2001, Toussaint Médicis 2005, de Vigan Prix des libraires 2008... -, ils peuvent espérer franchir lundi un nouveau palier.
Pour le Prix Renaudot, Frédéric Beigbeder, chroniqueur littéraire multicartes, a lui aussi remporté un succès public avec "Un roman français" (Grasset), son livre le plus personnel. Egalement en lice, "L'annonce" (Buchet Chastel) de Marie-Hélène Lafon bénéficie du bouche à oreille. Pour leur prix de l'essai, les jurés Renaudot ont récupéré sur leur dernière liste les mémoires de l'écrivain et résistant Daniel Cordier, "Alias Caracalla" (Gallimard), que les Goncourt avaient fait figurer sur leur première sélection. Un hommage et peut-être une consécration littéraire pour l'ancien secrétaire de Jean Moulin, âgé de 87 ans.
Jeudi, le Grand Prix du roman de l'Académie française, qui ouvre la saison des prix littéraires, avait été décerné à Pierre Michon pour son roman "Les Onze" (Verdier). Pierre Michon a obtenu douze voix au troisième tour de scrutin, contre six à Renaud Camus ("Loin") et une à Bruno de Cessole ("Le moins aimé"). Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel, a souligné après l'annonce du lauréat que l'Académie française a également récompensé Pierre Michon pour l'ensemble de son oeuvre, qu'elle a qualifiée de "considérable". "Les Onze" est un récit d'une centaine de pages sur une toile exposée au Louvre représentant le Comité de salut public durant la Révolution française : Robespierre, Carnot, Saint-Just... Michon retrace dans ce livre de pure littérature l'histoire de ce tableau imaginaire.
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