Le Goncourt à Marie NDiaye, le Renaudot à Beigbeder

le 02 novembre 2009 à 12h51 , mis à jour le 02 novembre 2009 à 17h21

Le prix Goncourt a été attribué lundi à Marie NDiaye pour "Trois femmes puissantes", et le prix Renaudot à Frédéric Beigbeder pour "Un roman français".

Marie NDiaye et Frédéric Beigbeder, respectivement lauréats 2009 des prix Goncourt et Renaudot. Marie NDiaye et Frédéric Beigbeder, respectivement lauréats 2009 des prix Goncourt et Renaudot. © TF1/LCI

Le prix Goncourt est tombé lundi à la mi-journée au restaurant Drouant, récompensant Marie NDiaye pour "Trois femmes puissantes", publié chez Gallimard. Le Goncourt n'avait pas été attribué à une femme depuis 1998. Marie NDiaye a obtenu le plus prestigieux des prix littéraires de l'automne au 1er tour avec 5 voix contre 2 à Jean-Philippe Toussaint pour "La vérité sur Marie" et une voix à Delphine de Vigan pour "Les heures souterraines". Marie NDiaye s'est dite " très contente pour le livre et pour l'éditeur". "Je suis très contente d'être une femme qui reçoit le prix Goncourt", a-t-elle dit. "Une sorte de miracle s'était déjà produit avec le succès du livre", a-t-elle ajouté, "ce prix est inattendu. C'est aussi le couronnement et la récompense de 25 ans d'écriture et de cette opiniâtreté".

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Née le 4 juin 1967 à Pithiviers (Loiret), d'un père d'origine sénégalaise et d'une mère française, Marie NDiaye a grandi en banlieue parisienne. Elevée uniquement en France par sa mère, professeur de sciences naturelles, elle publie 18 ans son premier roman, "Quant au riche avenir" (1985). Remarquée par Jérôme Lindon des éditions de Minuit, elle abandonne rapidement ses études pour se consacrer à l'écriture et enchaîne depuis romans et recueils de nouvelles. Une vingtaine en 23 ans, parus pour l'essentiel chez Minuit puis chez Gallimard. "Comédie classique" (1988), "La femme changée en bûche" (1989), "La sorcière" (1996)...
 
Romancière atypique, tour à tour féministe, engagée, elle surprend par l'étrangeté de ses récits, qui parlent des femmes et des rapports compliqués entre les gens. Prix Femina en 2001 pour "Rosie Carpe", elle entre en 2003 au répertoire de la Comédie-Française avec "Papa doit manger". "Trois femmes puissantes" regroupe trois récits dont les héroïnes résistent pour préserver leur dignité, entre la France et l'Afrique. En 2007, Marie NDiaye s'est installée à Berlin avec sa famille. Elle était l'invitée du Monde des livres sur LCI le 16 septembre. La vidéo ci-dessous.

Drôle, mélancolique...

Du côté du Renaudot, il a été attribué à Frédéric Beigbeder pour Un roman français. Trublion de l'édition française devenu l'un des piliers de la critique littéraire, Frédéric Beigbeder obtient une nouvelle consécration pour son talent d'écrivain. Son récit autobiographique fleure la province profonde. Fatigué des nuits de défonce dans les boîtes de nuit parisiennes, l'ex-jet-setter livre le récit sensible de son enfance béarnaise. Au départ, il y a la prise de conscience que la dégringolade devient dangereuse. Interpellé le 29 janvier 2008 en plein Paris alors qu'il sniffe de la cocaïne sur le capot d'une voiture, il passe la nuit au dépôt. Pour tenir le coup, il décide de remonter le temps. Né dans une famille de la grande bourgeoisie du Sud-Ouest de la France, il retourne pour Un roman français sur les plages de son enfance, raconte sa rivalité avec son frère Charles, devenu l'un des dirigeants du Medef, et le divorce de ses parents.  C'est souvent drôle, mélancolique, pudique à sa façon. Le roman d'une grande bourgeoisie provinciale en phase terminale.

"Le Renaudot est la meilleure des drogues, vraiment je le conseille, c'est extrêmement agréable", s'est amusé le lauréat devant la presse réunie au restaurant Drouant à Paris. "J'ai une pensée pour le procureur (de la République) de Paris, à qui je dois beaucoup. Je n'aurais pas écrit ce livre si je n'avais pas été mis en garde à vue. Je remercie également les policiers du huitième arrondissement". Dans la première version de son livre, l'auteur s'en prenait en effet brutalement au procureur Jean-Claude Marin, qu'il accusait d'avoir prolongé sa garde à vue. Mais les éditions Grasset ont caviardé, avec le consentement de l'auteur, quatre pages de cette première mouture. Dans la version édulcorée, certaines attaques ont disparu. "Je ne peux pas écrire ici tout le bien que je pense de Jicé. Jean-Claude Marin est procureur de Paris: il faut faire super gaffe quand on écrit sur lui", écrit-il. Auteur comblé de "99 francs" en 2000 - 400.000 exemplaires vendus et une adaptation au cinéma en 2007 -, Frédéric Beigbeder a déjà obtenu le prix Interallié 2003 avec "Windows on the World".

Retrouvez la réaction de Frédéric Beigbeder : "le Renaudot, bien meilleur que la drogue"


 
Le prix Renaudot de l'essai a été décerné a Daniel Cordier pour "Alias Caracalla" (Gallimard) et le Renaudot du livre de poche a été attribué à Hubert Haddad pour "Palestine".

Marie NDiaye était l'invité du Monde des livres sur LCI le 16 septembre. Voir la vidéo ci-dessous :



 

le 02 novembre 2009 à 12:51
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8 Commentaires

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  • Laura, le 03/11/2009 à 05h22

    Tss que de critiques !!! Avez-vous les lu les ouvrages avant de parler ? On ne décerne pas un prix à tout va pour encenser les gens. Ndiaye et Beigbeder le méritent point barre.

  • Plume, le 02/11/2009 à 19h59

    Ouais, pas envie de lire ça...

  • Dan, le 02/11/2009 à 18h56

    Et dans la pure lignée de l'hérésie des littéraires, pour le Fémina, je verrais bien Obama, il est très lu et très à la mode. Après le prix Ovomaltine, pourquoi pas ?

  • Erkabelle, le 02/11/2009 à 15h49

    La distribution d'un prix a toujours été critiquée, pour moi la jeune Marie Ndiaye mérite son prix mais quand on a du talent comme le sien, sa victoire peut paraître anecdotique (sauf pour l'éditeur) quant à F. Beigbeder, aucun avis personnel.

  • Mika, le 02/11/2009 à 14h37

    Comment peut-on donner un prix littéraire à un homme tel que Beigbeder, dont les prestations atteignent à peine celles d'un élève de quatrième ? Le monde des prix reste décidément bien mystérieux...

  • Zabou, le 02/11/2009 à 14h19

    QUANT AU RENAUDOT POURQUOI PAS ?

  • Zabou, le 02/11/2009 à 14h19

    C'est un choix encore une fois très politiquement correct ... je décerne mon goncourt perso à laurent mauvignier pour "deshommes"

  • Champaloux, le 02/11/2009 à 14h00

    Beigbeder doit etre content , bientot Noel , il doit déjà sentir la neige à plein nez ! l'archétype du pseudo écrivain surfait qui sera oublié dans 30 ans ! et on vient se plaindre de la crise récurrente de l'édition ! quand on voit qu est honoré , pas besoin d'aller chercher l'explication plus loin ! heureusement que nous avons LE CLEZIO pour porter la littérature francaise sur d'autres hauteurs !

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