Bernard Quiriny "Les Assoiffées" au Seuil © Seuil
Le rêve de tout journaliste est de franchir la frontière, le mur qui sépare la Belgique du reste du Monde. Et voici qu’une poignée d’intellectuels et de militants français sont invités à visiter ce passionnant et intrigant empire où le féminisme est devenu idéologie d’Etat, dans les années 1970, et où les femmes, libérées du joug masculin, vivent libres et heureuses. Car, bien entendu, la Belgique de Bernard Quiriny n’est pas le petit royaume ballotté de crises linguistico-politiques et crises politico-linguistiques que l’on connaît.
Belgique : pas de gouvernement, pas de sexe
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Avec Les Assoiffées, cet auteur belge de 32 ans à l'humour grinçant signe le portrait d’un Etat totalitaire à la tête duquel quelques femmes auraient confisqué le pouvoir et dévoyé les idéaux d’une révolution féministe pour servir leurs folles lubies. Pour raconter sa fable, Bernard Quiriny entrelace, chapitre après chapitre, le journal intime d’une féministe devenue la favorite de la dictatrice et le récit des visiteurs français, tantôt aveuglés par leur foi dans la Révolution féministe, tantôt déçus à la vue des excès du régime.
Orwell ou Gide
Sans être particulièrement inventif ou ciselé, le texte est bien troussé, l’écriture efficace, le vocabulaire simple. Ce n’est pas le féminisme qui est ici en cause, c’est la mécanique du totalitarisme, les dérapages des idéaux quand ils sont appliqués sans discernement, la manipulation des masses, des images et des mots.
Il y a là une sorte d’hommage à George Orwell qui s’était déjà attelé à décrire l’échec de la révolution russe dans La ferme des animaux dès 1945. Il y a aussi une parenté avec le Retour d’URSS d’André Gide qui, à la lumière de son voyage au pays des prolétaires en 1936, rédigea un poignant mea culpa, plaidoyer puissant contre le communisme russe et contre tous les pouvoirs tyranniques.
Les assoiffées
de Bernard Quiriny
Éditions du Seuil
Le premier chapitre des Assoiffées : Extrait des Assoiffées - site officiel
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Belgique : pas de gouvernement, pas de sexe
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