La Nation rend hommage à Césaire au Panthéon

Par Florence DEMIGNY, le 05 avril 2011 à 19h25 , mis à jour le 06 avril 2011 à 14h12

Un hommage national est rendu mercredi à Aimé Césaire et, à travers lui, aux cultures d'outre-mer. Nicolas Sarkozy assistera à la cérémonie ainsi que la famille du poète et un millier d'invités.

On se souviendra toujours d'Aimé Césaire comme le poète de la négritude : un concept qui réagit à l'oppression culturelle de la colonisation française. Il va recevoir, enfin,  mercredi vers 17 heures, un hommage de la nation au Panthéon. Son corps restera, conformément à sa volonté, en Martinique. Mais une fresque monumentale, composée de portraits évocateurs de quatre périodes de la vie du poète, sera installée au cœur de la nef.
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L'homme politique qui fut député à l'Assemblée nationale de 1946 à 1993, avait souhaité être enterré en Martinique, sa terre natale. Mais le pays lui devait bien ce moment de recueillement et de gloire. Mercredi Nicolas Sarkozy, qui avait entretenu des relations parfois délicates avec le poète martiniquais, assistera à la cérémonie aux côtés de la famille de l'artiste. Un millier d'invités seront présents et parmi eux, des élèves de Martinique et du lycée Louis-Le-Grand où étudia le poète décédé en 2008. Le grand public pourra se rendre au Panthéon gratuitement jusqu'à  dimanche.

Du talent et du bon sens

Pour la petite histoire, Aimé Césaire  a de tout temps été exceptionnel. Fils d'un petit fonctionnaire et d'une couturière, il fut un élève brillant. Après Louis-Le-Grand, il suit Léopold Sédar Senghor avec qui il se lie d'amitié. Il est de ceux pour qui le verbe est une vocation, un merveilleux outil littéraire et politique. Ses textes sont ciselés par le talent et par le bon sens... dans le "bon sens" du terme : de la bonté sans indulgence et une intuition formidable, partout. Il disait qu'il était "de la race de ceux que l'on opprime". Une phrase  qui campe le personnage et le désigne comme le fils spirituel des philosophes des  Lumières : un humaniste, un homme égal aux autres. Dire un homme comme les autres serait réducteur.

Lorsqu'Aimé Césaire écrit son discours sur le colonialisme, il ouvre les yeux des plus aveugles .Une démonstration magistrale sur les mensonges, les détours travestis en bonnes intentions qui ont dirigé la main de tant de chefs d'Etats. La colonisation serait un sauvetage, une culture mise à la portée de nos "frères démunis" ? Sûrement pas. Une exploitation, oui, une opération militaire et économique, oui, encore. 

exergue "Des rapports de domination et de soumission qui transforment l'homme colonisateur en pion, (...) et l'homme indigène en instrument de production"

"Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masse avilies. Aucun contact humain mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l'homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourme, en chicote et l'homme indigène en instrument de production."

Lorsqu'il sera élu maire de Fort-de-France à 32 ans, nous sommes en 1945. Deux ans plus tard, il devient  député de Martinique à l'Assemblée Nationale. C'est lui qui sera le rapporteur de la loi qui fera des colonies françaises de Guadeloupe, Guyane française, Martinique et de la Réunion, des départements français. Un destin.

Poète du surréalisme, il raconte dans son œuvre les drames de la décolonisation. Il a publié au total 14 œuvres, recueils de poésie, pièces de théâtre et essais. A lire, et à relire.  Lorsqu'on apprend en se levant le matin qu'un adolescent se fait tabasser, sans doute car sa petite amie n'est pas de son quartier, on peut craindre qu'Aimé Césaire n'ai pas été assez lu ces derniers temps.

Par Florence DEMIGNY le 05 avril 2011 à 19:25
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5 Commentaires

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  • diktatur, le 06/04/2011 à 16h56

    Malheureusement il n'a pas rendu les antillais moins racistes,ni plus souriants et acceuillants envers les touristes... pour ma part,je n'y retournerais plus...on les dérange...

  • muratori, le 06/04/2011 à 12h55

    Moi le blanc je salue le grand homme et le poète de la négritude. Respects à jamais M. Césaire.

  • dur6200, le 06/04/2011 à 09h41

    Un grand Homme!!

  • supersumo, le 06/04/2011 à 08h56

    Vive la martinique

  • Josue CESAIRE, le 06/04/2011 à 06h59

    Bon article! On aime a penser que Mr Cesaire sera suivi par sa famille, présente, et encore porteuse de ses valeurs. Nous ne pouvons ni ne pourrons tous y être. Mais nous saluons l\'homme, le grand cousin... Pour ses oeuvres, sans oublier ses actions concrètes auprès des Martiniquais...

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