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Le "Rabelais chinois" Mo Yan prix Nobel de Littérature 2012


le 11 octobre 2012 à 13h06 , mis à jour le 11 octobre 2012 à 15h06.
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L'écrivain chinois Mo Yan (en octobre 2009 à Frankfort)

L'écrivain chinois Mo Yan (en octobre 2009 à Frankfort) / Crédits : AFP/J.MACDOUGALL

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LivresLe prix Nobel de Littérature 2012 a été décerné jeudi à l'écrivain chinois Mo Yan, auteur notamment de "Beaux seins, belles fesses" et "La Dure loi du karma". Le jury entend ainsi récompenser son "réalisme hallucinatoire".

Il est l'un des auteurs chinois les plus réputés, dans son pays et à l'étranger. Le prix Nobel de Littérature 2012 a été décerné jeudi à l'écrivain chinois Mo Yan, a annoncé l'Académie suédoise. Mo Yan "avec un réalisme hallucinatoire unit conte, histoire et le contemporain", relève l'Académie. Qu'il dépeigne dans ses livres une scène de sexe ou de supplice, les ravages d'une guerre ou d'une beuverie, Mo Yan le fait avec une truculence toute rabelaisienne. Son réalisme d'écriture et l'attachement à son terroir en Chine orientale valent à ce romancier de 57 ans d'être également comparé à l'Américain William Faulkner ou au Colombien Gabriel Garcia Marquez. Deux illustres prédécesseurs qu'il a donc rejoints jeudi sur la liste des lauréats du Nobel de littérature.

Le nouveau lauréat du Nobel porte un pseudonyme qui signifie "ne parle pas". Il a d'ailleurs pris son temps pour commenter le prix qui lui est échu, dans des propos soigneusement pesés et reproduits par les médias officiels chinois, en se disant simplement "heureux" de son Nobel et en affirmant sa volonté de "s'investir encore" dans ses écrits. Mais le vrai nom de cet auteur est Guan Moye. Il a choisi son nom de plume à l'occasion de la publication de son premier roman, "Le Radis de cristal" (1986) où un enfant qui refuse de parler raconte la vie paysanne telle que l'auteur l'a vécue dans son enfance.

Un auteur jugé proche du pouvoir

Réputé proche du régime de Pékin, il a été critiqué par d'autres écrivains chinois pour son manque de soutien à des auteurs dissidents. Cependant, selon l'Académie suédoise, "La Mélopée de l'ail paradisiaque" (1988) et une satire intitulée "Le Pays de l'alcool (1992) "sont jugés subversifs en raison de leur critique acérée de la société chinoise contemporaine". Il a accédé à la notoriété en Occident grâce au film "Le Sorgho rouge" (1987), tiré d'un roman du même titre, et qui a décroché l'Ours d'or à la Berlinale de 1988.

A travers son écriture d'un réalisme qui va jusqu'à la violence, Mo Yan a dépeint tous les brusques changements par lesquels est passée la Chine, aussi bien avant le communisme que pendant l'invasion japonaise, sous la Révolution culturelle et d'autres périodes tourmentées du communisme. Dans son dernier livre, "Beaux seins, belles fesses", il signe une fresque de l'histoire chinoise au XXe siècle, entre tragique de l'histoire et visions érotiques, en observant les personnages plus ou moins équilibrés d'un village, dont un garçon né d'une paysanne chinoise et d'un pasteur suédois.

Mo Yan recevra le prix qui lui a été décerné  lors d'une cérémonie officielle à Stockholm le 10 décembre, date anniversaire de la mort du fondateur du prix, l'industriel suédois Alfred Nobel. A cette occasion, il pourra recevoir aussi la récompense qui y est associée : 8 millions de couronnes (soit 929.000 euros). Une récompense en baisse de 20% cette année, alors qu'elle était de 10 millions de couronnes depuis 2001.

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