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DOSSIER : Manga

Monogatari : une évocation du Japon médiéval qui dépote

Ludmilla Intravaia par
le 30 janvier 2012 à 13h01 , mis à jour le 31 janvier 2012 à 18h24.
Temps de lecture
3min
Monogatari

Couverture de "Monogatari" d'Alex Akirakuma et planche de cette BD parue chez Glénat, le 25 janvier 2012 / Crédits : Glénat

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LivresAvec ses personnages d'animaux franchement attachants, ses dialogues pas compassés pour un sou et sa mise en couleurs détonnante, la bande dessinée "Monogatari" initie le lecteur aux récits épiques de la littérature niponne, de manière originale et moderne.

Un jour de printemps de l'an 577, Avenir Radieux, le 35e empereur du Monde Sous le Ciel, succombe à un étrange mal. Pauvres ou riches, jeunes ou vieux, tous pleurent le jeune souverain défunt. Tous, sauf Melon impétueux, le demi-frère d'Avenir Radieux qui se réjouit déjà de la montée sur le trône de son fils Colosse Prestigieux, l'un des princes héritiers.

Une joie d'autant plus féroce que Melon Impétueux y puise une occasion de vengeance vis-à-vis de son père, Eclat Magnifique, le 33e empereur. Ce dernier l'avait, en effet, fait abdiquer au profit d'Avenir Radieux, le fils de sa favorite. Melon Impétueux en est convaincu, Colosse Prestigieux va accéder au rang suprême, Avenir Radieux n'ayant jamais conçu de descendant. Mais c'est sans compter avec Pureté Innocente qui ourdit d'autres plans de succession et jouit, sur l'oreiller, de moyens de persuasion défiant toute rationalité dynastique. Le Monde Sous le Ciel est à la veille de plonger dans le chaos...

Citron, orange et vert pistache

Un ex-empereur manipulé, une concubine sournoise, un fils illégitime disparu dans la fleur de l'âge, des guerriers soucieux d'en découdre, des courtisans qui complotent et beaucoup, beaucoup d'intrigues de cour et de bagarres, voici un récit dense, s'appuyant, comme son nom l'indique, Monogatari, sur ces grands récits épiques de la littérature japonaise, rédigés dès le XII siècle. Néanmoins, l'auteur, Alex Akirakuma, de son vrai nom Alex Langlois, réussit sans peine à guider le lecteur dans la complexité du moyen-âge nippon.

Tout d'abord, parce que les personnages se glissent dans la peau d'animaux aisément identifiables, croquignolets mais pas niais, aux traits expressifs et au langage très actuel. Ensuite, parce que le dessinateur prend le temps de déployer sa fresque sur quelque 120 pages et trois chapitres, alternant scènes intimistes, de combats ou d'ébats, sur un rythme soutenu mais pas frénétique.

Cerise sur le gâteau, la recherche des couleurs est vraiment emballante, avec ses violets tranchants sur de l'orange, ses citrons acides sur le pourpre et des planches presque monochromes, de vert pistache habillées, où éclatent des nuages de fumée azur. Bref, une BD qui parle du passé, d'une façon contemporaine et originale, à découvrir chez Glénat au plus vite.   

Monogatari

One shot
D'Alex Akirakuma
Collection Grafica
Aux Editions Glénat BD
128 pages

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