Princess Jellyfish : A l'ombre des jeunes filles "moisies"

Par , le 18 décembre 2011 à 14h30 , mis à jour le 19 décembre 2011 à 11h40

Dossier : Manga

Avec ce manga des Editions Delcourt, pénétrez dans l'antre de Tsukimi et de ses colocataires déjantées, des otakus au féminin qui vont vous méduser. Et découvrez l'anime sur le web, grâce aux éditions Kazé.

Princess JellyfishTome 1 de Princess Jellyfish d’Akiko Higashimura, aux Editions Delcourt et capture d'écran de l'anime adapté du manga. © Delcourt/Kazé

Tsukimi est une otaku, une monomaniaque dingue de méduses. Toute petite, sa maman l’a amenée dans un aquarium observer ces animaux à la longue robe dentelée. Exactement comme celle d’une princesse, lui avait fait remarquer sa mère. "Lorsqu’elles grandissent, toutes les petites filles se transforment en princesse", lui a-t-elle raconté gentiment, promettant de lui confectionner, un jour, une robe de mariée gratifiée d’autant de froufrous que les filaments d’une méduse.

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Mais Tsukimi n’est jamais devenue une beauté de conte de fée. Bientôt, sa mère est morte, la laissant seule avec son père. Voulant devenir illustratrice, elle vit maintenant à Tokyo, dans une maison communautaire, avec d’autres colocataires à son image, des filles "moisies", comme on les désigne au Japon.

Kimonos et "Butler cafés"

Ces "Fujoshi", ce sont des otakus au féminin, pas coquettes pour un sou qui se passionnent pour des sujets insolites, notamment à l’origine, les mangas de Boy’s Love, narrant des histoires d’amour entre garçons. Bref, des "otakettes" perdues pour le monde et complètement hors jeu question romance. Jusqu’à ce qu’une mystérieuse bombe sexuelle viennent bouleverser leur petit train-train quotidien…

Une maman disparue, des filles asociales, cloitrées chez elles comme des nonnes…, on pourrait croire que ce n’est pas rigolo, tout ça. Et pourtant, c’est tout l’inverse dans cette BD où l’humour et la tendresse ont installé leurs pénates. D’abord, parce que la galerie de personnages imaginés par Akiko Higashimura est attachante, avec ses hobbies déjantés : les trains pour Banba, dissimulées derrière sa coupe afro, Les trois royaumes pour Mayaya, fan absolue de cette épopée historique chinoise, les poupées japonaises pour Chieko, une spécialiste des kimonos dont la mère est la propriétaire des lieux (interdits aux hommes) et les Messieurs d’âge mur pour Jiji qui fréquente assidument les "Butler cafés", où des serveurs habillés en majordome la soignent aux petits oignons.

En animé aussi

Intéressant, donc, de voir ce phénomène "Otaku-Nerd-Nolife-Geek" (très en vogue pour l’instant, par exemple dans les séries télé) du point de vue de la gent féminine, ce qui est assez rare. D’autant plus qu’on sent une véritable personnalité sous la plume de l’auteur qui a déjà charmé deux millions de lecteurs au Japon avec Princess Jellyfish.

Humour référentiel et explications contextuelles sur la société nippone font, enfin, de la lecture de ce manga, un réel plaisir, à coupler avec le visionnage sur le site internet KZplay.fr des Editions Kazé des 11 épisodes du dessin animé (le premier est visible gratuitement). L’animé sortira courant 2012 aux mêmes éditions, le volume 3 du manga sera publié aux Editions Delcourt, le 8 février prochain.

Princess Jellyfish

D’Akiko Higashimura

Tome 1 et 2

Aux Editions Delcourt

7 volumes parus, série en cours au Japon

192 pages, 6,60 euros par tome

 

Par Ludmilla Intravaia le 18 décembre 2011 à 14:30
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