Morgan Sportès © www.abacapress.comLe prix Interallié a couronné mercredi Morgan Sportès, invité surprise du jury qui l'avait d'abord écarté, pour Tout, tout de suite (Fayard), roman-enquête glaçant sur l'odieux crime du Gang des Barbares en 2006. Le lauréat a obtenu six voix au troisième tour contre trois à Stéphane Hoffmann pour Les Autos tamponneuses (Albin Michel) et deux à Delphine de Vigan pour Rien ne s'oppose à la nuit (JC Lattès). Trois prétendants "officiels" étaient en lice : Laurence Cossé, Stéphane Hoffmann et Simon Liberati, avec Jayne Mansfield 1967, déjà sacré par le Femina 2011.
Le Goncourt pour Alexis Jenni, le Renaudot pour Emmanuel Carrère
Alexis Jenni a obtenu le Prix Goncourt pour "L'art français de la guerre", son premier roman. De son côté, Emmanuel Carrère décroche le Prix Renaudot pour "Limonov".
Publié le 02/11/2011
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Publié le 22/12/2011
Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, Morgan Sportès pratique tous les genres, romans historiques, autobiographies, romans-enquêtes, satire, thriller détourné comme Maos, en 2006, prix Renaudot des lycéens. Il a aussi parlé de son enfance algéroise dans Outremer en 1989. Avec son roman-enquête sur le sordide Gang des Barbares, l'écrivain s'inscrit dans la "non fiction novel", école américaine alliant construction dramaturgique et faits réels, dont Truman Capote fut l'un des maîtres avec De sang froid. Déjà, en 1990, il avait retracé dans L'Appât l'itinéraire sanglant d'un trio infernal, adapté au cinéma par Bertrand Tavernier.
"Il y aurait aussi un grand film à tirer de Tout, tout de suite", estime-t-il aujourd'hui. Revenant sur le fond de l'affaire (le rapt début 2006 du jeune Ilan, de milieu plutôt modeste mais supposé riche par ses ravisseurs parce que juif, qui devait être séquestré, torturé pendant 24 jours puis assassiné par une bande d'une vingtaine de jeunes), l'auteur y voit "un témoignage de l'effroyable vide que la société a laissé se creuser en son sein, du degré d'aliénation de ces jeunes, couplé à leur indigence intellectuelle. Pendant deux ans, j'ai reconstitué leur crime dément, sans juger, mais sans excuser, en ne pouvant me défaire parfois, en dépit de la monstruosité de leurs actes, d'une certaine ironie face à ces mômes qui n'avaient rien dans le crâne", reconnaît Morgan Sportès, qui a modifié le nom des protagonistes.
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