Les écrans sur la scène du Confession tour de Madonna © AdobeMadonna vient de terminer son dernier concert à Bercy. Un show millimétré, de plus de deux heures, à la scénographie impressionnante : durant tout le concert, des écrans ont diffusé des montages vidéo qui sont bien plus que la traditionnelle retransmission en direct du concert. Des créations diffusées sur des écrans gigantesques et motorisés, qui servent aussi bien de décor que d'illustration, qui compensent parfois l'absence de la chanteuse pendant qu'elle se prépare pour un nouveau morceau. Des écrans qui seront rangés ce soir, permettant à Jason Harvey de prendre un tout petit de repos.
7 écrans, gigantesques et mobiles
Petit Anglais débonnaire aux cheveux en bataille, Jason Harvey est le responsable vidéo sur la nouvelle tournée de Madonna. Ce n'est pas un débutant : il a travaillé pour Cher, Gorillaz, Pink, Beck ou Eric Clapton. Pour Madonna, il a conçu la scénographie visuelle, a imaginé les écrans, placé les vidéos, agissant comme un metteur en scène de l'image.
La tâche est immense. Sur la scène du concert, 7 écrans : un gigantesque demi-cercle panoramique, qui peut bouger verticalement. Derrière, trois grands écrans également mobiles complètent ce dispositif vidéo. Ajoutez à cela trois écrans horizontaux posés au sol et protégés par des plaques de plexiglas, et deux écrans iMax sur lesquels sont diffusés les captures en direct du concert. Jason Harvey a conçu tout cela, et il le régit chaque soir en direct.
Penser la scénographie avec un logiciel vidéo
"J'ai foi en la sauvegarde", plaisante-t-il, après avoir expliqué que les vidéos tournent à la fois sur trois systèmes, capables de se passer le relais si l'un d'eux venait à planter pendant le show. Jason travaille dans un petit local derrière la scène, qu'il surveille grâce à plusieurs moniteurs. Durant le spectacle, il est équipé d'au moins trois systèmes de communication pour entrer en contact avec les différentes équipes. Il faut s'assurer que les projections sont correctement calées sur les chansons, que les écrans vont se positionner au bon endroit...
Ceci, c'est le travail de surveillance et d'exécution. C'est à la fois la partie la plus stressante de son travail et la moins exigeante. Car avant, il lui a fallu créer ce dispositif, imaginer le placement des images, commander des vidéos à des boîtes de production. Il lâche les énormes machines de contrôle pour se tourner vers un meuble sur roulette : à l'intérieur, deux écrans, deux ordinateurs ultra-puissants.
Jason lance son logiciel Premiere, sur lequel il a défini des grilles correspondant aux formats des différents écrans. Durant des mois, il a commandé des vidéos, les a reçues, a regardé quel film mettre sur quel écran, comment jouer avec les mouvements, les transparences... "Je me suis autant servi du logiciel comme d'un outil de design et de scénographie que comme d'un outil de montage", explique-t-il. Qui dit scénographie, dit installation réelle. Une fois les vidéos éditées, il fallait voir ce que cela donnait une fois installé.
Des mois de travail
Le résultat est souvent impressionnant. On se souvient de reptiles glissant en transparence, d'un déluge de fleurs, de la skyline de New York qui se dessine dans le noir, et surtout des effets discos, touts en lignes rouges, de Music. "Sur cette partie, j'avais eu l'idée d'un chevron rouge qui tournait. Au moment de procéder aux tests, quand nous avons rapproché les écrans, deux chevrons se sont suivis. C'est comme cela que j'ai eu l'idée de la série de chevrons qui courent sur l'écran circulaire et les deux écrans derrière qui entourent les danseurs sur leurs skates", se souvient Jason.
Ce furent 3 mois et demi de travail, "les deux derniers mois ayant été particulièrement intenses. Les sept derniers jours, nous avons reprogrammé 7 fois l'intégralité des vidéos. Or, il nous fallait 17 heures à chaque fois". Dormait-il ? Peu... A la fin, "on est allé faire la fête".
| Des moyens techniques impressionnants |
En nous faisant visiter la scène, Jason Harvey nous a détaillé les moyens techniques nécessaires au concert de Madonna. 35 camions de transports. Une équipe fixe de 175 personnes, dont 55 techniciens. Au moins un ordinateur par technicien, un système de rotation pneumatique, des loges cachées sous la scène, un mini train pour circuler sous le fronton de la scène... Il faut une journée et demie pour installer tout cela. |
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