Vincent Delerm ferait presque aimer les piqûres d'araignée

Par , le 21 septembre 2006 à 18h30 , mis à jour le 24 septembre 2006 à 09h25

Le troisième album de Vincent Delerm rompt avec les précédents : plus léger, plus gai et plus ancré dans le présent.

Les Piqûres d'araignée, le nouvel album de Vincent DelermLes Piqûres d'araignée, le nouvel album de Vincent Delerm © Aglaé bory

Vincent Delerm ne plaît pas "un peu". On aime ou on déteste. Faites l'expérience autour de vous, les réactions ne sont pas mesurées. Et pour être honnête, si l'on avait adoré le premier album, le deuxième avait moins convaincu. Le name droping - le saupoudrage de noms célèbres dans les paroles - était moins spontané, moins frais, les chansons plus mélancoliques, moins piquantes. Pouvait-il encore innover, surprendre et séduire ?

C'est en Suède, dans une maison en bois, que le tout juste trentenaire est allé composer et enregistrer ses Piqûres d'araignée. Et y trouver un second souffle. Il délaisse l'évocation de souvenirs mélancoliques pour conjuguer ses chansons au présent. Il explore même un nouveau registre, celui de la chanson sociale avec Sépia plein les doigts, dans laquelle il scanne avec un œil acéré la fâcheuse tendance de la France d'aujourd'hui à regarder dans le rétroviseur et à se complaire dans le "c'était mieux avant". "Tiens, tiens, les pensionnats, les taloches, les coups de trique, la troisième République (...) le vrai goût des vrais fruits dans une vraie épicerie (...) tiens, tiens maréchal nous voilà". L'exercice n'est pas facile et il s'en sort plutôt très bien.

Duo avec Neil Hannon

Mention spéciale également pour Marine chantée en duo avec l'artiste suédois Peter Von Poehl : dialogue étrange entre deux hommes qui ont aimé la même femme mais à des moments différents. A petites touches, par ellipses, Vincent Delerm tisse une toile poétique. L'ensemble de l'album est beaucoup plus gai (Sous les avalanches), léger et aérien qu'auparavant. Ici et là quelques sonorités et mélodies sifflées proches de Thomas Fersen (J't'ai même pas dit) à qui il a emprunté son ingénieur du son, Christopher Lundquist. Un duo moitié anglais moitié français avec Neil Hannon de Divine Comedy dans lequel ce dernier s'interroge sur le sens des chansons françaises qu'il adore : "Un poinçonneur des Lilas, ça veut dire quoi? Poupée de cire, qu'est-ce que ça voulait dire ?"

Et même si Vincent Delerm délaisse le passé recomposé de ses deux précédents albums, il n'a pas perdu son talent pour croquer des instants, des impressions furtives et des occasions loupées : et surtout pour nous les rendre familières. Bref, un très bel album qui donne des arguments pour affronter ceux à qui il donne de l'urticaire.

Les Piqûres d'araignées, Vincent Delerm, Tôt ou tard, sortie le 25 septembre.

Par Sophie Lutrand le 21 septembre 2006 à 18:30
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1 Commentaires

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  • Bondiou, le 25/09/2006 à 11h44

    J'ai entendu une ou deux de ses chansons à la radio et j'avoue que moi qui détestait sa voix, je trouve que les mélodies sont pas mal et restent bien dans la tête. Un peu trop d'ailleurs...

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