© AFP. Michael LatzTokio Hotel, c'est d'abord "quatre mecs trop mignons", dixit un site de fan. Chaque concert du groupe pop-rock allemand -moyenne d'âge 17 ans- provoque une hystérie collective chez la gent féminine. Des collégiennes pour la plupart, sans doute séduites par les coiffures loufoques et le look gothique de Bill, Georg, Tom et Gustav. Tokio Hotel, c'est peut-être aussi un peu d'incrédulité chez les parents qui écoutent ces lointains descendants de Brahms ou de Beethoven. Une certitude, Tokio Hotel est, depuis un hit-parade à l'été 2005, un phénomène musical qui se révèle être une aubaine pour la langue de Goethe.
A l'occasion des deux concerts français du groupe, mardi et mercredi, le Goethe Institut constate un regain d'intérêt de ses élèves pour la langue allemande. "Ils veulent traduire les chansons", constate Cornelia Zenner, responsable des cours à l'institut. "En fait, c'est surtout les filles qui sont intéressées par ces paroles. Ce sont des ballades, des chansons tristes où l'on évoque beaucoup le sentiment amoureux, la tristesse", dit-elle de son accent germanique. "Avec la musique, l'allemand est peut être un peu plus agréable", explique Sabine Belz, directrice du département des manifestations culturelles. "La grammaire est assez difficile à retenir mais là, ils vont se souvenir des phrases", raconte celle qui a appris le français en écoutant Charles Aznavour et Edith Piaf sur les bancs de l'école. "Avec les jeunes, c'est toujours plus facile de travailler sur des choses actuelles, complète Cornelia Zenner. Mais bien sûr, on ne peut pas dire qu'une chanson de Tokio Hotel soit plus intéressante qu'un texte de Goethe !".
Ceux qui ont obtenu en France un disque d'or pour les ventes de leur premier album "Schrei" ("cri" en allemand) et dont le second album, "Zimmer 483" (une chambre) a atteint la deuxième place des ventes dès sa première semaine de sortie vont peut être réussir là où nombre d'initiatives politiques sont à la peine. Les chiffres des élèves apprenant l'allemand en France n'ont cessé de chuter au cours des années 90. Il a fallu attendre des mesures lancées par le conseil des ministres franco-allemand en 2004 pour que la tendance s'inverse. Ainsi, en France, le nombre de germanistes à l'école primaire a augmenté de 25% entre 2004 et 2006. Wirklich starke Männer ! (Trop forts les mecs !)
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