© AFP - Cristina QUICLERMstislav Rostropovitch, violoncelliste et chef d'orchestre russe opposant du régime soviétique dans les années 1970, est mort vendredi, a annoncé l'agence Ria Novosti. Le musicien avait fêté ses 80 ans en mars au Kremlin en présence du président Vladimir Poutine et de quelque 500 invités. Il restera dans l'histoire comme un défenseur de la liberté et un virtuose qui sut marquer le paysage musical international par ses interprétations d'oeuvres contemporaines et du répertoire classique.
Mstislav Leopoldovitch Rostropovitch était né le 27 mars 1927 à Bakou, en Azerbaïdjan. Il avait commencé précocement l'étude du piano puis celle du violoncelle avant d'entrer au Conservatoire de Moscou, où il devait suivre l'enseignement de Chostakovitch. Remportant de prestigieux concours internationaux (Prague 1947, Budapest 1949), il était distingué comme gloire nationale (Prix Staline en 1951 et 1953, prix Lénine en 1964) puis comme "Artiste du peuple de l'URSS" en 1966.
Musicien honoré, il sut également se montrer homme de convictions. Ami fidèle de deux compositeurs critiqués par Staline, Prokofiev et Chostakovitch, il accueillit chez lui l'écrivain dissident Alexandre Soljénitsyne en septembre 1970, et n'hésita pas à défendre sa cause dans une lettre ouverte qui provoqua sa disgrâce.
De l'exil à la célébration de la chute du Mur de Berlin
Contraint à l'exil en Occident en 1974, il fut déchu de la nationalité soviétique le 15 mai 1978. Il ne devait revenir dans son pays, en compagnie de son épouse la soprano Galina Vichnievskaïa, que dix ans plus tard, avant de retrouver sa nationalité en 1990. En novembre 1989, "Slava" célébra la chute du Mur de Berlin en improvisant sur place un concert dans une atmosphère de liesse et de recueillement.
Violoncelliste, il s'affirme aussi comme interprète, chef d'orchestre et enseignant. Il dirigea l'Orchestre symphonique national de Washington de 1977 à 1994 et donna son nom à un concours international de violoncelle à Paris. Il défendit aussi bien des oeuvres issues du patrimoine musical russe que la musique de son temps (Britten, Chostakovitch, Dutilleux, Xenakis...).
Père de deux filles, il avait créé avec son épouse une fondation consacrée à des programmes de santé pour les enfants. Il était "représentant spécial" du programme de l'Onu sur le Sida.
D'après agence
Chirac : "L'existence de Rostropovitch est une leçon de courage" |
Jacques Chirac a salué vendredi la mémoire du musicien. "Toute entière dédiée à la musique, sa vie, qu'il a façonnée comme une oeuvre d'art, a éclairé l'histoire de notre temps, celle de la Russie et celle de la liberté". "L'existence de Mstislav Rostropovitch est une leçon de courage et d'harmonie. Nul n'oubliera la façon dont il a fait de son violoncelle un instrument de paix", a déclaré le président. |
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