Cécilia Bartoli © DECCAMaria Malibran. Cécilia Bartoli. Deux siècles les séparent. La musique les rapproche. Comme la Malibran, Cécilia Bartoli est fille et élève d'un couple de chanteurs. Toutes deux ont fait leur début en interprétant le personnage de Rosine, dans le Barbier de Séville, de Rossini. Cécilia Bartoli avait huit ans, la Malibran, cinq. Mais ce qui a surtout nourri si souvent les comparaisons entre les deux femmes, c'est leur voix de mezzo-soprano. Certains vont même jusqu'à penser que Cécilia Bartoli est la réincarnation de la Malibran.
La comparaison "amuse" Cécilia Bartoli et a nourri en elle une véritable fascination pour le mezzo-soprano espagnol. "Le fait qu'il n'y ait pas de document sonore entretient le mythe, le mystère et la curiosité sur Maria Malibran", explique-t-elle à LCI.fr.
"Une divinité"
Personnage fascinant, objet d'études et de recherches, tout en la Malibran plaît à Cécilia Bartoli qui collectionne depuis quinze ans les objets et les partitions qui lui sont liés (voir encadré ci-dessous). "La femme chanteuse, son tempérament, la compositrice, la grande cantatrice, tout m'intéresse". "La Malibran a travaillé très jeune avec son père, Garcia, professeur de chant et musicien. Elle a reçu une discipline qui lui a permis d'être chanteuse, pianiste, compositrice. C'était une artiste multitalent, une divinité qui descend sur terre", déclare avec passion la soprano italienne, chanteuse classique la plus populaire de son temps.
"La Malibran, c'est la première diva romantique, je dirais même la première popstar romantique", dit-elle, un brin amusée. A l'époque, "la Madonna de l'art lyrique", comme la surnomme Cécilia Bartoli, remplit toutes les salles de concerts, de Madrid à New-York, où elle est acclamée par la foule. C'est la première grande chanteuse lyrique à accéder à la célébrité au début du XIXe siècle. Artiste complète à la vocalité très théâtrale, elle était capable de composer un air pour Donizetti, de s'adonner au flamenco et de s'ouvrir au "jodel" tyrolien (un large éventail de son répertoire est chanté sur Maria, le CD sorti le 17 septembre chez DECCA. Voir encadré ci-dessous).
Mort tragique
"C'est avec la Malibran que naît une sorte de réalisme sur scène car elle jouait en même temps qu'elle chantait", analyse Cécilia Bartoli qui vante la "facilité d'improvisation" de la chanteuse aux trois octaves. Mais la Malibran s'est aussi fait un nom par son tempérament et son avant-garde. Cette femme émancipée qui parlait plusieurs langues, portait le pantalon, était l'ami des artistes, dénote dans une époque pétrie de convenance. "C'est une femme qui décide d'aller contre les conventions et qui s'est battu pour l'émancipation féminine", rappelle Cécilia Bartoli.
Pour toutes ces raisons, Cécilia Bartoli a choisit de consacrer tout son temps à mieux faire connaître la Malibran. Un projet personnel mené avec passion qui lui a pris des années de recherches, et à travers lequel elle veut "délivrer un message culturel et historique". L'occasion pour elle, de faire connaître au public "une vraie diva", "la diva du XIXe siècle". L'occasion aussi de faire revivre le destin d'une femme dont la mort tragique et prématurée, à 28 ans, dans un spectaculaire accident de cheval, a inspiré Musset, Guitry et Lamartine.
| Une année et plusieurs hommages |
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