Une princesse médiatique pour un Empereur philosophique

Par , le 17 septembre 2007 à 17h30 , mis à jour le 23 novembre 2007 à 15h33

Chronique - Hélène Grimaud sert, de son incomparable doigté, L'Empereur et la sonate n°28 de Beethoven. Ce disque marque le retour d'une artiste apaisée.

Hélène Grimaud Deutsche GrammophonHélène Grimaud (Deutsche Grammophon) © Deutsche Grammophon

Hélène Grimaud Deutsche Grammophon

Hélène Grimaud

Concerto n°5 L'Empereur
Sonate pour piano n°28

Avec la Staatskapelle de Dresde et
le chef russe Vladimir Jurowski

Deutsche Grammophon (Universal)
CD + DVD avec les scéances d'enregistrement

 

Hélène Grimaud a apprivoisé l'Empereur. Révélée par ses Rachmaninov et ses Brahms, la pianiste française revient, chez Deutsche Grammophon, avec le célèbre concerto de Beethoven, dans lequel elle fait montre d'une belle maturité musicale tout en évitant les effets de manches. Elle est accompagnée pour l'occasion par la Staatskapelle de Dresde et le chef russe Vladimir Jurowski. Elle y livre également une interprétation de la sonate pour piano n°28.

2007 sera-t-elle l'année de la sérénité retrouvée pour la belle Aixoise âgée de 37 ans ? Ces deux dernières années, la concertiste avait dû renoncer à plusieurs représentations en raison de bronchites à répétition. Il faut dire qu'outre sa passion pour le clavier, la jeune femme voue un amour sans bornes pour les loups. Elle a fondé, il y a dix ans déjà, le Wolf Conservation Center à South Salem dans l'Est des Etats-Unis. Cette activité, à laquelle s'ajoute un attrait pour l'écriture (Variations sauvages en 2003, Leçons particulières en 2005), ont littéralement mené l'artiste à l'épuisement.

Oeuvre universelle

Tout cela semble derrière elle, et Hélène Grimaud entend désormais se "concentrer plus profondément sur la musique" et son "métier fascinant" de pianiste, pour lesquels elle n'aura "pas assez d'une vie". La version qu'elle nous livre de l'Empereur en témoigne, toute en introspection et en mesure, tranchant avec le pathos grandiloquent et de mauvais aloi auquel se prêtent trop souvent les interprêtes de cette fresque des guerres napoléoniennes.

Il ne s'agit pas de dépeindre ici la glorieuse épopée d'un Corse ambitieux mais de faire sentir combien Beethoven, malade et pratiquement sourd, a su s'abstraire d'une époque en plein bouleversement pour composer une oeuvre universelle et atemporelle.

 

Par David Straus le 17 septembre 2007 à 17:30
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1 Commentaires

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  • Espic jacques, le 19/09/2007 à 08h08

    Avec M.Argeritch la plus grande à l'heure actuelle

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