La pochette de "Samedi soir à Beyrouth" © Barclay-Universal
Bernard Lavilliers
Samedi soir à Beyrouth
Barclay-Universal
Le titre donne le ton. Quand on connaît Bernard Lavilliers, un disque intitulé Samedi soir à Beyrouth est plus qu'un indice. C'est un engagement : celui du voyage et du regard sur le monde qui nous entoure.
Pour ce nouvel opus, le grand routard de la chanson française s'est donc posé dans la capitale libanaise. Mais aussi dans les deux villes symboles de ses goûts musicaux qui parsèment son œuvre depuis plus de vingt ans : Memphis, berceau du blues et de la soul, et surtout Kingston, capitale du reggae.
Musique festive, textes sombres
Objectif : marier la soul et le reggae. Si Rafales, le morceau d'ouverture, raisonne comme un pur reggae, tout comme Ordre nouveau, deux chansons sont ainsi typiquement soul (Ma belle et Je te reconnaîtrai). Bernard Lavilliers montre également son affection pour les musiques du monde avec Distingué, où les rythmes brésiliens nous transportent en Amérique du Sud.
Sur le fond, les textes, plutôt sombres, semblent parfois en décalé avec le côté festif de la musique. A tout seigneur, tout honneur : avec Samedi soir à Beyrouth, Bernard Lavilliers, qui est retourné sur place en 2006, tente de décrire l'atmosphère troublée qu'il a ressentie lors d'une période difficile pour le Liban. "Je ne porte pas de jugement sur ce qui s'y passe, j'ai juste voulu me nourrir de l'ambiance, cette sorte d'amour un peu triste qui s'en dégage", explique l'artiste.
Plutôt engagé à gauche, Bernard Lavilliers semble évoquer la France de Nicolas Sarkozy avec Ordre nouveau. Et plus globalement, il lance une critique virulente de la mondialisation économique. L'ouvrier qu'il a été revient aussi la remise en cause des 35 heures avec Bosse. Et évoque avec Killer les problèmes du cadre sous pression devenu harceleur moral. "Aujourd'hui, on dit aux gens: 'Vous foutez rien, il faut travailler deux fois plus' ! Je trouve ça insultant, odieux. Des gens se suicident parce qu'ils ne trouvent pas de travail, d'autres se pendent dans leur entreprise parce qu'ils travaillent sous une pression trop forte", affirme-t-il.
- Le site officiel : en cliquant ici
- Concert : au Zénith de Paris du 13 au 15 mars et en tournée en France
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