Sheryl Crow, digne héritière de Dylan ?

Par , le 18 février 2008 à 06h26 , mis à jour le 18 février 2008 à 11h16

Chronique - La chanteuse sort ce mois-ci Détours, son album le plus personnel mais aussi le plus impliqué politiquement.

Sheryl CrowSheryl Crow © sherylcrow.com

Sheryl Crow veut être la Springsteen, la Dylan de 2008. A quelques mois d'un scrutin crucial pour l'avenir des Etats-Unis, la chanteuse folk livre son neuvième album, Détours, son disque le plus personnel mais aussi le plus engagé depuis le début de sa carrière, il y a déjà 15 ans.

Impossible de comparer ce disque à ses deux illustres prédécesseurs de la chanson contestataire américaine, mais la petite chanteuse du Missouri devenue star aurait pu s'y casser les dents, comme beaucoup d'autres. Mais le disque est  une réussite, si l'on écarte les deux ou trois morceaux sirupeux taillés pour les ondes des radios américaines. 
 
Guitare en bandoulière, Sheryl Crow chante avec une émotion non dissimulée, rarement entendue depuis son troisième album, The Globe Sessions, en 1998. C'est sans détours, contrairement à ce que laisse entendre le titre de l'album, que Sheryl Crow s'aventure dans la chanson politique : elle évoque les génocides sur Out Of Our Heads, le drame de Katrina sur God Bless This Mess, le règne de l'argent et des puissants sur Love Is FreeShine Over Babylon ou Gasoline.

"Des leaders inspirés"

"C'est le disque le plus honnête que j'ai fait", avoue-t-elle. A l'heure où les Etats-Unis sont à la croisée des chemins, impossible en effet de soupçonner la chanteuse d'opportunisme, tant son implication idéologique pour diverses causes (opposition à la guerre en Irak, défense de la nature, des animaux) est connue et reconnue Outre-Atlantique. "Au travers de ce disque, j'appelle les gens, la société à se réveiller", dit-elle. 
 
Pas question cependant de prendre ouvertement position pour un candidat à la présidentielle américaine, même si elle "se réjouit de voir de nouveaux leaders "inspirés" surgir", citant en exemple Barack Obama. Pas question non plus de s'impliquer plus concrètement en politique, en briguant un quelconque mandat. "Je peux servir mon pays bien mieux en poursuivant ma carrière musicale", estime-t-elle. Clairement et sans détours, ce disque en est la preuve.

Par Axel Constantinoff le 18 février 2008 à 06:26
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Culture
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience