Danielle de Niese fait swinguer Haendel

Par , le 03 mars 2008 à 13h06 , mis à jour le 28 avril 2010 à 18h35

Chronique - Pour son premier album, la jeune soprano incarne avec une intelligence insolente les héroïnes étincelantes du compositeur d'origine allemande. Un concentré d'énergie positive à se procurer de toute urgence.

Danielle de Niese (Decca/Lorenzo Aguis)
Danielle de Niese © Crédit Photo : Decca/Lorenzo Aguis
 
Insolemment belle, vive, intelligente. Absolument présente, charismatique. Un timbre sensuel, chaleureux. On dirait les superlatifs inventés pour elle. Danielle de Niese a tous les dons. Y compris - merci pour nous - celui de la générosité. Et l'humour. "Myself I shall adore... Je vais m'adorer moi-même... Je n'étais pas certaine qu'il convenait de chanter cet air pour notre première rencontre..." Un large sourire. L'assemblée chavire.
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Ce soir de février, la jeune soprano est venue présenter à quelques Parisiens son disque, une sélection d'airs de Haendel. Des tubes du baroque comme Lascia ch'io pianga ou Endless pleasure, endless love ; des extraits d'Amadigi di Gaula ou de Teseo moins connus. L'opus s'est classé numéro un des classique sur iTunes grâce au public anglo-saxon. Le comité est restreint, la chanteuse ne s'en donne pas moins sans compter. Parmi les invités, on reconnaît Yvan Casar ou le journaliste Olivier Bellamy.

Une reine sur scène

Si ses graves pourraient être plus profonds encore, si ses aigus conservent parfois une acidité juvénile, Danielle de Niese maîtrise ses vocalises à la perfection, contrôle son vibrato et habite ses rôles avec une rare maturité. Vocalement, bien sûr, scéniquement aussi. Quelle intelligence du jeu ! Adolescente, ses professeurs de chant et de musique se disputaient pour savoir lequel de ces deux dons devait être encouragé.

Danielle de Niese Handel Arias Decca
Dans la froide sobriété de l'atelier qui l'accueille ce soir-là, la chanteuse fait naître les univers au gré de ses interprétations : sans décors ni costumes. Ce brin de femme est un concentré d'énergie savamment distillée, sans outrance. Danielle de Niese fait swinguer Haendel. C'est tout juste si elle ne claque pas des doigts au rythme des notes égrenées par le clavecin.

"Je sens que la musique est dans tout mon coeur et mon corps, explique la soprano. Chanter est la meilleur façon de s'exprimer, c'est un instinct. Le chant c'est comme pleurer, c'est plus fort que moi. Dans l'opéra, vous jouez un rôle, vous racontez une histoire écrite par d'autres mais la vérité des émotions vient du plus profond de vous-même." Sa jeune carrière l'a déjà menée au Metropolitan Opera de New York, dont elle sera, en 1997, la plus jeune pensionnaire : elle a alors 19 ans. Elle y incarnera la Barberine des Noces de Figaro aux côtés de Renée Fleming, Cecilia Bartoli et Bryn Terfel, sous la direction de James Levine.

Sous la baguette de William  Christie

Danielle de Niese (Decca/Lorenzo Aguis)
Danielle de Niese (Decca/L.Aguis)
Mais c'est la rencontre avec Haendel et la Cléopâtre de Giulio Cesare à Amsterdam que la jeune femme trouvera son premier rôle fétiche et s'ouvre les portes du Vieux continent. Pas de surprise dès lors à ce que son premier album pour Decca soit consacré aux héroïnes du compositeur d'origine allemande. Et pour illuminer le tout : les Arts florissants sous la baguette du héraut du baroque, William Christie. Quel parcours pour la petite fille née en Australie de parents d'origines sri-lankaise et hollandaise, immigrée à Los Angeles pour y étudier le chant et qui dès l'âge de 13 ans interprétait ses premiers rôles lyriques.

Si elle doit beaucoup au baroque, Danielle de Niese espère chanter davantage de Mozart, mais aussi l'Adina et la Norina de Donizetti. "Et je mourrais de joie sur place si je pouvais chanter la Manon de Massenet". Des rôles plus mélancoliques et moins étincelants que ceux imaginés par Haendel. "Chaque morceau de cet album compte énormément pour moi. Si le CD avait deux faces, j'en aurais ajouté d'autres : il y a tant de musique que j'ai envie de partager." Ce disque doit figurer dans votre collection.

Handel Arias

Danielle  de Niese
William  Christie et Les  Arts florissants

Decca

Le site de Danielle  de Niese: cliquez ici

Le MySpace de Danielle  de Niese : cliquez ici

Par David Straus le 03 mars 2008 à 13:06
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2 Commentaires

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  • Genest, le 04/04/2009 à 11h10

    Sublime!

  • Genest, le 03/04/2009 à 18h05

    Elle a TOUT! sublime et bouleversante:on en pleurerait de bonheur!je pense que mon ami jean-pierre PONNELLE aurait été ravi et flatté de la mettre en scène!

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