Rolando Villazon © Felix Broede / Deutsche Grammophon
_Rolando Villazon
Cielo e mar
Deutsche Grammophon
Rolando Villazon se donne sans compter. Le jeune ténor d'origine mexicaine a failli y laisser sa santé et sa erveur. Mais après une pause vocale salutaire de cinq mois, le revoici tout feu tout flamme. Sur scène, en concert et à l'opéra, mais aussi dans les bacs.
Enregistré en mars 2007 (avant son coup de fatigue), Cielo e mar réunit une quinzaine d'airs romantiques de Giuseppe Verdi (Simon Boccanegra, Luisa Miller), Gaetano Donizetti (Poliuto) et d'un chapelet de compositeurs du XIXe siècle méconnus : Ponchielli, Cilea, Boito, Gomes, Pietri et Mercadante.
Tous les états de l'amour
L'idée de ce parcours dans les terres oubliées de l'opéra commence par une lecture. Celle d'une biographie consacrée à un compositeur brésilien du XIXe siècle, Antonio Carlos Gomes que l'on découvre sur l'album avec un extrait de son opéra Fosca. "Quand j'entends une pièce comme cet air étonnant de Fosca, elle a sur moi un effet puissant", confie le ténor : "Si la partition fait battre mon coeur plus vite et me donne la chair de poule, alors je la prends."
C'est ainsi qu'épaulé par les chercheurs de la Deutsche Grammophon, Villazon s'est intéressé à des oeuvres rarement jouées voire quasiment tombées dans l'oubli. Le parcours est double. "La première partie du récital a pour sujet un monde idéal d'amour, extatique et onirique, tel un beau palais de cristal, explique Rolando Villazon. Puis nous voyons comment cet amour peut se transformer ren colère ou en désespoir, et comment le palais tout entier peut se fissurer, nous écraser et nous faire saigner."
Histoire du chant
Parallèlement, Cielo e mar est un voyage dans l'évolution du chant au XIXe sicèle, du bel canto "pur, aigu, avec peu de coloratures" au vérisme "où il faut se focaliser plutôt sur l'ambiance, comme dans un tableau impressionniste."
Il n'y a pas à dire, les aigus sont purs, le souffle est maîtrisé, la diction soignée : Rolando Villazon signe là un très beau récital et se hisse peu à peu à la hauteur d'un Placido Domingo. Il est accompagné pour ce premier album solo chez Deutsche Grammophon par le Chœur et l'Orchestre symphoniques Giuseppe Verdi de Milan sous la direction de Daniele Callegari.
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