dEUS retour en scène

Par , le 26 avril 2008 à 16h27 , mis à jour le 28 avril 2008 à 18h00

Chronique - Après une tentative malheureuse en 2005, le groupe anversois revient avec un album digne de son rang. Moins avant-gardiste que ses illustres prédécesseurs, taillé pour la scène, Vantage Point délivre une belle énergie.

dEUS Vantage PointdEUS Vantage Point © V2/Universal Music

dEUS Vantage Point
 
dEUS_
Vantage Point
V2
Sorti le 21 avril

dEUS, plus qu'un groupe, désignait un état d'esprit. A l'exception du chanteur Tom Barman, la formation subissait une mue entre chaque album. Pourtant la ligne avant-gardiste demeurait. De Worst case scenario en 1994 à The ideal crash en 1999, en passant surtout par le révolutionnaire In a bar under the sea paru il y a douze ans : les têtes changeaient, l'inventivité restait. Puis il y eut Pocket revolution sorti après 6 ans de silence et, finalement Vantage Point sorti cette semaine. Entre les deux albums, plus de mue : le groupe reste uni pour le meilleur et pour le pire. Ou plutôt le pire puis le meilleur.

Le pire, ce fut l'accouchement difficile de Pocket revolution, un album mal reçu par la critique et les fans. Le meilleur, Vantage Point semble en annoncer le retour. Tom Barman le promet, dEUS a trouvé la sérénité. "On a arrêté de mettre notre énergie dans des bagarres", assure le génial chanteur. Les membres semblent en effet rocker à l'unisson... jusqu'à chanter en choeur sur plusieurs morceaux. L'album est ramassé (dix titres, 47 minutes seulement), direct, fougueux, dansant. Il est sans doute plus accessible que les premiers opus du groupe souvent comparé auquintet britannique de Radiohead.

Tom Barman dit avoir cherché l'inspiration dans Parade de Prince. La parenté entre les deux albums est pourtant bien mince, à l'exception de quelques incursions funk. Le titre The Architect, fermement cornaqué par Dave Mc Craken, le producteur de Depeche Mode, évoquerait plutôt David Bowie dans ses collaborations avec Brian Eno. Slow, autre pépite sombre de l'album, renvoie à la new wave. Légères comme des balades, When She Goes Down, Is a Robot et Smokers Reflect sont autant de promesses pour les concerts. Moins expérimental, parfois brouillon comme avec Eternal Woman, l'album tout entier, enregistré dans les conditions du live, a été taillé sur mesure pour la scène. C'est son énergie.
Par David Straus le 26 avril 2008 à 16:27
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