Ronan Luce lors des 23e Victoires de Musique © TF1/LCIIl y a quelque chose de la grand-messe. Bien sûr. Comment pourrait-il en être autrement : Renan Luce, belle gueule, est un chanteur à la mode. Bien sûr. En guise de cathédrale, le Zénith de Paris plein à craquer en ce dimanche de mai. Les fidèles récitent par cœur les textes sacrés (La lettre, Chien mouillé, Nuit blanche, Repenti), allument par centaines leurs téléphones portables, comme autant de cierges, pour filmer le messie. Puis, une fois Les Voisines entonné en choeur, chacun rentre sagement retrouver les siens... de voisins. Ite missa est.
La messe est dite ? Pas vraiment. Car pour sa 200e et dernière date, Renan Luce bouleverse la liturgie, au risque parfois de déboussoler les fans. Ils sont venus entendre l'album. En vrai. Il leur offre un célébration pas toujours othodoxe. Toute la soirée, pour habiter les lieux gigantesques, le Breton fait cracher les guitares, battre les percussions, vrombir le violoncelle.
Chanson à moustache
Et il invite : Emily Loizeau pour un Elizabeth endiablé emprunté à Thomas Fersen, Jeanne Cherhal pour une reprise du sensationnel Twenty-two bar de Dominique A ou encore Yael Naim et David Donatien pour un lifting malheureux de The Man who sold the world de David Bowie.
Dans les rappels, alors que beaucoup ont déjà commencé à quitter la salle (ils étaient venus pour Les Voisines...), le Breton se lance dans un exercice d'autodérision en compagnie d'Alexis HK avec J'suis snob de Boris Vian. Plus tôt , les compères ont livré une pépite Web 2.0., avec HK dans le rôle de Tom Anderson, un des fondateurs de MySpace : Thanks for the ad... Amusant. Réussi. Tout autant d'ailleurs que Je suis un voyou de Brassens, un bel hommage à moustaches par celui dont on attend déjà le prochain album.
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