U2 au Maroc pour l'enregistrement de "No line on the horizon" © U2.com![]() |
Le "360°" de U2 passe au salon
<b> Rock -</b> Le groupe irlandais publie la vidéo de sa tournée "360°" avec le concert de Los Angeles, diffusé sur YouTube en octobre dernier.
Publié le 25/06/2010
No line on the horizon
Universal-AZ
Sortie le 27 février
Evidemment, promotion oblige, à chaque fois désormais avec un artiste installé depuis au moins deux bonnes décennies, le nouvel album est forcément "le meilleur depuis longtemps". U2 n'a bien sûr échappé pas à la règle lors des mois qui ont précédé la sortie de No line on the horizon, première livraison de la bande à Bono depuis 2004.
Alors autant le dire tout de suite : s'il se laisse dans l'ensemble écouter avec plaisir, ce 12e opus studio du quatuor irlandais est loin d'égaler Achtung baby ou The joshua tree. Non pas qu'il soit raté, loin de là. Mais à part deux ou trois morceaux qui sortent du lot, il n'a rien de transcendant pour le "plus grand groupe de rock du monde".
Voix rassurante pour Bono
Plusieurs titres -Moment of surrender, Unknown caller, I'll go crazy if I don't go crazy tonight- se jouent ainsi sur un mid-tempo qui se rapproche plus de la variété que du rock. Pour trouver de l'énergie et des guitares que les fans de The Edge apprécieront, il faut chercher du côté du single Get on your boots, de Stand up comedy avec son phrasé haché et de certains passages de No line on the horizon, le titre éponyme, et de Breathe. L'influence de Brian Eno, le producteur "historique" du groupe, se fait quant à elle sentir sur FEZ-Being born, un titre aux paroles minimalistes et dont les sonorités rappellent instantanément The unforgettable fire.
Enfin, les obligatoires ballades -White as snow et Cedars of Lebanon, en conclusion des onze chansons- offrent à Bono l'occasion de montrer que sa voix n'est pas en aussi mauvaise condition que les détracteurs du groupe ont tendance à l'asséner. A plusieurs reprises, comme sur l'intro de No line on the horizon, il retrouve même son chant héroïque et rauque des années 80. Dommage qu'il se soit cependant cru obligé de placer des "Oh oh oh" dans quasiment tous les morceaux. Déclinés sur tous les tons, ils en deviennent exaspérants à la fin du CD.
Tournée rémunatrice à l'horizon
Sur le fond, on retrouve les thèmes classiques de l'écriture "Bonoesque" : l'amour, pas forcément partagé, les relations humaines ou la religion (avec cette fois la référence au chapitre 3:33 de la Bible dans Unknown caller). Et la politique ? Et bien cette fois, pas de titres ou hommages explicites mais des invitations à prendre son destin en main ("Every generation can change the world" -"chaque génération peut changer le monde" et "Future needs a big kiss" -"le futur a besoin d'un long baiser"), à éviter les conflits ("I dont' want to talk about wars between nations" -"je ne veux pas parler des guerres entre les nations") ou à se méfier des politiciens ("Napolean is in high heels/Josephine, be careful of small men with big ideas" -"Napoleon est sur ses hauts talons/Josephine méfie toi des petits hommes aux grandes idées" ).
Bref, dans l'ensemble, un disque "mou du genou", pour reprendre un terme familier aux fans de rock. A la vérité, peu importe. Avec la nouvelle configuration de l'industrie musicale, la qualité des albums n'est plus primordiale. Ils servent surtout d'alibi à l'organisation de tournée, si possible gigantesques, beaucoup plus rémunératrices. Sur ce sujet, U2 sait faire et son horizon est dégagé. Le "No line on the horizon tour" (le nom officiel n'a pas encore été dévoilé) et les stades qui l'accueilleront cet été le prouveront une nouvelle fois.
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