Fredo Viola, mystique poétique

Par , le 16 mars 2009 à 09h50 , mis à jour le 16 mars 2009 à 11h29

Critique - The Turn, le premier album de Fredo Viola, tient à la fois de l'album choral faisant la part belle au chant et de l'aventure électro absolument contemporaine. Ce New Yorkais ne se contente pas d'inventer une nouvelle musique, il y ajoute vidéos et sites internet d'une créativité julibatoire.

Fredo Viola, The turn, Because musicFredo Viola, The turn, Because music © Because music

Fredo  Viola
The Turn
Because Music
Sorti le 16 mars


La mère de Fredo Viola jouait au piano Le Clavier bien tempéré de Bach. C'est important. Si, si. Primordial si l'on veut comprendre ce qui a poussé ce type-là à faire cette musique-là. Il y a d'abord la voix. On serait tenté de dire les voix car, Fredo Viola tisse de multiples lignes vocales en une oeuvre faite de mélodies, d'harmonies et de contrepoints. D'où Bach. Ce n'est pas tout. The Turn recèle quelques sonorités quasi mystiques. The Sad Song, que l'on avait découvert sur You Tube, avait déjà cette intensité quasi religieuse.

C'en est tout pour Bach. Car l'album est multiple et changeant, d'une richesse et d'une inventivité jubilatoires. Il y a des ballades façon Beatles ou Beach Boys, d'autres qui semblent tirées d'un vieux grimoire médiéval. Puis, il y a des aventures plus expérimentales dignes de Radiohead ou Sigur Ros. Et, si à nous lire, ce premier album vous paraît bien hétéroclite, détrompez-vous : il est d'une cohérence absolue. Un lien électro traverse l'ensemble. Et cette voix maîtrisée... Adolescent, Alfredo - il a laissé tombé le Al - était soprano professionnel dans un célèbre choeur de Los Angeles avant de décider qu'il serait... réalisateur.

Le jeune artiste, aujourd'hui installé à New York, n'a pas tourné le dos à cette première résolution. Il n'est pas possible de dissocier le Fredo Viola chanteur du Fredo Viola vidéaste. Son site internet et celui de l'album The Turn témoignent de l'imbrication de la musique et de l'image, de cette approche cinématographique nourrie aux univers de Fellini ou Bergman. Certains de ces collages vidéos - ils les appellent clusters - sont réunis sur un DVD qui accompagne l'album.

Par David Straus le 16 mars 2009 à 09:50
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