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| Le portrait du "dernier des géants" |
C'était l'un des chanteurs les plus importants de la scène musicale française. Atteint d'un cancer du poumon, Alain Bashung est mort samedi à Paris. Il avait 61 ans. En trente ans de carrière, il avait accédé au sommet du rock français, par une démarche singulière et ambitieuse, et quelques "tubes" connus du plus grand public. Des artistes de toutes les générations ont salué l'oeuvre d'Alain Bashung, les plus jeunes insistant sur son rôle de modèle : "le plus grand" pour Raphaël, "le roi des atmosphères" pour Olivia Ruiz.... "Quand j'avais 4 ans, Gaby est sorti et je faisais du play back dessus en mettant des lunettes noires et en me disant que je serais Bashung plus tard. A 30 ans, j'ai toujours envie d'être Alain Bashung plus tard", a affirmé sur France Info Joseph d'Anvers, l'un des jeunes talents auxquels Bashung avait fait appel pour son dernier album, "Bleu Pétrole".
Raphaël explique dans Le Parisien que "sur scène, à ses côtés, on se sentait sans doute petit, mais aussi grandi, parce que son génie vous éclaboussait, vous tirait vers le haut". Les deux hommes avaient participé début 2007 à une tournée commune au casting de rêve, avec Jean-Louis Aubert, Cali, Daniel Darc et l'ex-batteur de Téléphone Richard Kolinka, rassemblés sur scène sous le nom "Les Aventuriers d'un autre monde". "C'était un vaudou sur scène, une sorte de sorcier indien à la manière de Jim Morrison", se souvient Jean-Louis Aubert, interrogé par Le Parisien. "Il a fait quelque chose de très exigeant musicalement, artistiquement, mais en même temps très ouvert, très populaire. En tout cas, moi, je vais être de ceux qui n'ont pas fini d'essayer de copier ses chansons", a avoué Bénabar à France Info.
"Il rejoint au firmament Brel, Barbara, Brassens"
Le monde politique a également rendu hommage à l'artiste. "C'est un prince qui ce soir nous a quittés, un immense poète, un chanteur engagé. Nous prenons congé d'un immense artiste, qui marquera l'histoire de la musique. Nous saluons un homme que chacun aimait", écrit le président Nicolas Sarkozy. La ministre de la Culture, Christine Albanel, a salué dans un communiqué "une oeuvre forte, sensible, souvent mélancolique, qui résonnera longtemps dans nos coeurs et nos mémoires". Le Premier ministre François Fillon a salué le "gentleman rocker de la chanson française", qui a "connu un immense succès populaire sans jamais se départir d'une recherche d'esthétique et d'exploration d'un univers qui lui était très personnel".
Pour Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris, "l'amour et le respect qu'il portait à son public l'ont maintenu debout malgré la maladie, qu'il a combattue avec une dignité et un courage exceptionnels". Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, estime que "la France perd un de ses plus grands chanteurs." Pascal Nègre, président d'Universal Music France, dont le label Barclay produisait les disques d'Alain Bashung, a rendu hommage à l'"un des derniers géants de la chanson française". "Il rejoint au firmament Brel, Barbara, Brassens et Ferré", a-t-il dit. "C'était un esthète absolu, avec un univers unique." Pour Bertrand Dicale, journaliste à Chorus, Alain Bashung laissera "une trace immense" dans l'histoire de la musique hexagonale. "Il a exploré toutes les voies possibles du rock et toutes les voies possibles de la chanson française, ensemble et en même temps", a-t-il dit sur France Info. "C'était à la fois un chercheur et un chanteur qui touchait le grand public."
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