Alain Bashung © LCI![]() |
| Le portrait du "dernier des géants" |
"Bashung a rendu le rock français adulte"
<b>Interview - </b> Il y a un an, Alain Bashung nous quittait. Pierre Mikaïloff, auteur du livre "Bashung, vertige de la vie" revient avec TF1 News sur l'empreinte "unique" laissée par l'interprète de "Gaby, Oh ! Gaby" et "Osez Joséphine" dans l'histoire de la chanson française.
Publié le 16/03/2010
Victoires de la musique: Johnny, Bashung, M et Goldman sur la liste
Les victoires seront décernées le 6 mars, mais les organisateurs restent muets sur les catégories dans lesquelles figurent les artistes nommés.
Publié le 12/01/2010
C'était l'un des chanteurs les plus importants de la scène musicale française. Atteint d'un cancer du poumon, Alain Bashung est mort samedi à Paris. Il avait 61 ans. En trente ans de carrière, il avait accédé au sommet du rock français, par une démarche singulière et ambitieuse, et quelques "tubes" connus du plus grand public.
Perfecto, jean moulant et bottes de cow-boy à l'époque de "Gaby, oh ! Gaby", Bashung était un enfant du rock. Il avait grandi en écoutant Gene Vincent et son "Be bop A Lula", et la musique country américaine. Son style à lui était imprégné de l'héritage de la chanson française. L'ex-groupe de rock Noir Désir, la chanteuse Brigitte Fontaine, et même Serge Gainsbourg: tous le désignaient comme l'un des piliers de la musique française.
Un enfant de choeur
Né le 1er décembre 1947 d'un père inconnu et d'une mère ouvrière, Bashung est envoyé à l'âge d'un an vivre chez sa grand-mère, à Wingersheim, en Alsace. Il y reçoit une éducation catholique - il fut enfant de choeur - et les débuts d'une culture musicale : Strauss, Wagner, et surtout Kurt Weill.
Il devient connu du grand public au début des années 1980, et l'album "Pizza", avec les tubes "Gaby oh ! Gaby" et "Vertige de l'amour", aux paroles signées par Boris Bergman. Mais il prend très vite le contre-pied, avec "Play Blessures", un disque moins facile d'accès, réalisé avec Serge Gainsbourg. En 1989 il cherche encore et toujours à se renouveler, et commence à travailler avec un autre parolier, Jean Fauque. Pendant dix ans, il obtiendra de nouveaux tubes - comme "Osez Joséphine" (1991) ou "Ma petite entreprise" (1994).
L'artiste le plus primé des Victoires de la musique
Au seuil du XXIe siècle, Bashung s'était assagi. Il s'était marié avec Chloé Mons, une jeune artiste du Nord de la France, avait eu une fille. Et il avait accouché lui-même d'une perle : L'Imprudence", son onzième album, considéré par la critique comme le plus audacieux. Enfin "Bleu Pétrole" en 2008, qui marquait un retour aux guitares folk.
L'un des talents d'Alain Bashung était de savoir s'entourer: Rodolphe Burger, les guitaristes Marc Ribot ou Arto Lindsay. Et ceux de la jeune génération : les chanteurs Miossec, Armand Mélies, Joseph d'Anvers. Bashung avait une deuxième grande passion: le cinéma. Il avait joué pour les réalisateurs Fernando Arrabal, Patrice Leconte, ou plus récemment Samuel Benchetrit. Lors des dernières Victoires de la musique, le 28 février dernier, il était apparu très affaibli par la maladie. Au cours de la cérémonie, il avait remporté trois nouveaux trophées, s'ajoutant à huit autres obtenus précédemment, ce qui faisait de lui l'artiste le plus primé de l'histoire des Victoires.
"Il rejoint au firmament Brel, Barbara, Brassens et Ferré" |
Le monde politique, de la culture et de la musique a rendu hommage à Alain Bashung. "C'est un prince qui ce soir nous a quittés, un immense poète, un chanteur engagé. Nous prenons congé d'un immense artiste, qui marquera l'histoire de la musique. Nous saluons un homme que chacun aimait", écrit le président Nicolas Sarkozy. La ministre de la Culture, Christine Albanel, a salué dans un communiqué "une oeuvre forte, sensible, souvent mélancolique, qui résonnera longtemps dans nos coeurs et nos mémoires". Le Premier ministre François Fillon a salué le "gentleman rocker de la chanson française", qui a "connu un immense succès populaire sans jamais se départir d'une recherche d'esthétique et d'exploration d'un univers qui lui était très personnel". Pour Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris, "l'amour et le respect qu'il portait à son public l'ont maintenu debout malgré la maladie, qu'il a combattue avec une dignité et un courage exceptionnels". Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, estime que "la France perd un de ses plus grands chanteurs." Pascal Nègre, président d'Universal Music France, dont le label Barclay produisait les disques d'Alain Bashung, a rendu hommage à l'"un des derniers géants de la chanson française". "Il rejoint au firmament Brel, Barbara, Brassens et Ferré", a-t-il dit. "C'était un esthète absolu, avec un univers unique." Pour Bertrand Dicale, journaliste à Chorus, Alain Bashung laissera "une trace immense" dans l'histoire de la musique hexagonale. "Il a exploré toutes les voies possibles du rock et toutes les voies possibles de la chanson française, ensemble et en même temps", a-t-il dit sur France Info. "C'était à la fois un chercheur et un chanteur qui touchait le grand public." |
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"Bashung a rendu le rock français adulte"
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