Olivia Ruiz, Les météores, Polydor © DROlivia Ruiz
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Les météores
Polydor
Délicieusement vénéneux. L'univers du nouvel album d'Olivia Ruiz, Les météores évoque celui des films de Tim Burton, fantasque, fantastique, loufoque et inquiétant. Musicalement, la jeune femme s'éloigne un peu plus des rivages de la chanson française pour aller côtoyer le rock pur et dur, à l'image du titre Mon Petit à Petit, co-écrit, tout comme le reste de l'album, les doigts dans la prise (copyright Panique au Mongin Palace) avec Mathias Malzieu de Dyonisos, son compagnon à la ville. Et en parlant de panique, le premier "simple" d'Olivia Ruiz parle, avec humour, des tourments de la jeune femme. Dans Elle panique, "Elle" a peur de s'ennuyer, de ne pas être aimée, de vieillir trop vite, peur pour son petit frère (le sien est parti au Burkina Faso pour une mission humanitaire), et plus prosaïquement, peur "pour son derrière".
Tourmentée et inquiétante dans Les crêpes aux champignons, où quittée, une femme s'affame, crie à la fenêtre, promet de ranger le poignard et supplie son amant de revenir pour lui faire des crêpes aux champignons - vénéneux ? -. Sang espagnol ne saurait mentir.
Quelque chose en elle de Paradis
Mais l'auteur-compositeur-interprète sait ranger ses griffes, calmer sa fougue et se faire chatte sur plusieurs titres mélodieux et poétiques comme Les météores, Le saule-pleureur ou Peur du noir. On croirait presque retrouver le timbre et la prose d'une Vanessa Paradis au détour d'un couplet. Avant de retomber sur les pieds bien ancrés d'Olivia Ruiz.
Pour son troisième album, la chanteuse traîne ses bottes vers d'autres langues. Dans J'aime pas l'amour (2003), elle avait déjà chanté en espagnol, dans La femme chocolat (2005), en espagnol et en anglais, cette fois-ci, il y a à nouveau un titre en espagnol, Quedate, en duo avec Didier Blanc mais pas moins de quatre titres (sur treize chansons) en anglais dont un duo avec Lonely Drifter Karen et un autre avec Coming soon. C'est d'ailleurs en ces terres étrangères qu'Olivia Ruiz convainc moins. Sa voix se prête mal à la diction anglaise, son timbre mistinguette aux sonorités marshmallow.
Mais voilà pour le bémol car, sur cet album, plus d'un titre continue de voyager dans la tête tel une comète, qui laisserait derrière elle une très belle atmosphère.
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