Le chanteur de Depeche Mode, David Gahan © Andrea Comas/ReutersGroupe majeur de la new wave puis de la pop électronique depuis le début des années 80, Depeche Mode a repris le 8 juin sa tournée interrompue après la sortie au printemps de son douzième album studio, Sounds of the Universe. Le groupe a investi le Stade de France samedi soir devant un public conquis. Pour cette escale parisienne, tous les regards des fans étaient tournés vers Dave Gahan, objet d'intenses spéculations après ses ennuis de santé qui ont forcé l'interruption de la tournée pendant près d'un mois. Mais Gahan, 47 ans, a vite rassuré le Stade France quasiment plein, dès la première chanson "In Chains", qui ouvre également le dernier opus. "Wrong", qui sonne comme un écho aux faux-pas suicidaires et impasses droguées ayant jalonné par le passé la vie personnelle du chanteur, a achevé de rallier les suffrages concernant sa voix - toujours profonde - et son état de forme.
Malgré l'indéniable qualité des nouvelles chansons, le public, mélange de "quinquas" et de plus jeunes fans, a surtout vibré et donné de la voix au son des plus grands tubes du groupe : "A Question of Time", "I Feel You" ou encore "Never Let Me Down Again". Ayant renoué sur son dernier album avec le son synthétique qui a fait sa gloire, Depeche Mode a, en fin de concert, transformé l'enceinte de Saint-Denis en véritable discothèque géante, avec ses machines à danser que sont "Master and Servant", "Strange Love " et surtout le très énergique "Personal Jesus". Après deux heures d'une prestation dense et généreuse, Gahan était rejoint sur l'avancée de scène par le compositeur et véritable âme du groupe, Martin Gore, pour fredonner "Waiting for the Night", ultime rappel du côté sombre du groupe en guise d'au revoir apaisé.
Une longévité rare
Après son concert au Stade de France, Le groupe sera dimanche au Zénith de Nancy. Les Anglais joueront ensuite au Festival de Carcassonne le 6 juillet puis reviendront en France le 23 novembre, à Lyon. Depuis ses débuts en 1981, Depeche Mode jouit d'une longévité rare, malgré les départs successifs de deux de ses membres, Vince Clarke puis Alan Wilder, et les turbulences provoquées dans les années 90 par la dépendance de la drogue et la tentative de suicide de Gahan, aujourd'hui apaisé. Sounds of the Universe a reçu un excellent accueil critique, tout comme le précédent album de Depeche Mode, Playing the Angel (2005). Le groupe originaire de Basildon y développe son univers sombre sur des arrangements électro riches et soignés. On remarque particulièrement les chansons Wrong, Fragile Tension, In Sympathy, Peace ou Come Back, impressionnante de puissance et de lyrisme.
Gore, qui signait traditionnellement toutes les chansons du groupe (dont les classiques Enjoy the Silence et Personal Jesus en 1990 sur l'album Violator), a cédé la plume à Gahan sur trois des treize titres, une tendance déjà amorcée avec Playing the Angel.
D'après agence
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