
Amateurs à la guitare ou grands chefs à la baguette, groupes de rock, de hip-hop ou de flamenco se sont croisés dimanche pour la 28e édition de la Fête de la musique, dans les squares, les églises et même les salles de concerts, à Paris, Bordeaux, New York ou au Vanuatu. Comme tous les 21 juin depuis 1982, des milliers de musiciens amateurs et professionnels ont joué leur partition pour cette nouvelle édition qui, cette année, prime à la fête, tombait un dimanche, et dont le thème était "50 ans de chanson française". 15.000 concerts étaient recensés en France et dans quelque 120 pays dont 19 européens, très souvent autour des représentations culturelles françaises.
La tradition est désormais bien ancrée. Chaque bosquet peut servir de rideau de scène à un orchestre de lycéens ou une ruelle à un ténor d'opéra, alors que des endroits inhabituels --hôpitaux, prisons, musées, monuments historiques, tribunaux - servent d'auditoriums. L'Elysée, comme Matignon, s'est ainsi ouvert à des concerts de swing et de musique classique, écoutés par quelque 4.500 personnes. Mais pas Nicolas Sarkozy, "concentré" sur son discours de lundi devant le Congrès, selon l'Elysée. Dans les jardins du Palais-Royal, où la ministre de la Culture Christine Albanel a donné le coup d'envoi de la manifestation.
Besançon sur Facebook
Il ne fait pas chaud, mais les familles se promènent encore, écoutant d'une oreille distraite une chanteuse d'opéra, seule avec sa bande de musique enregistrée. Près de Châtelet une dizaine de Brésiliens, vêtus de T-shirts roses, réchauffent l'ambiance de leurs percussions. A Denfert-Rochereau, un gros millier de jeunes attendent Cocoon, Naive New Beaters ou Spleen. A Bordeaux, où la Fête de la musique se confond avec la Fête du fleuve, touristes et Bordelais affluaient vers les quais de la Garonne, pour y entendre un choeur des enfants des centres d'animations de la communauté urbaine. A Lille, la fête se mêle au festival Europe XXL, dédié à l'Europe de l'Est : on y écoute Rachmaninov. Besançon a tenté une première : elle a utilisé Facebook pour faire venir le public au concert prévu Place de la Révolution. Selon les organisateurs, plus de 5.000 membres se sont inscrits sur le groupe Facebook "FBK Party Besançon". A Strasbourg, une grève affectant une partie des bus et des trams n'a pas empêché des milliers de badauds de prendre d'assaut le centre piétonnier.
Les temps forts de la fête se sont déroulés en soirée à Paris, avec un concert au château de Vincennes avec Anaïs ou Emily Loizeau. Côté classique, Pierre Boulez devait diriger l'Orchestre de Paris sous la pyramide du Louvre dans du Stravinsky, et l'Allemand Kurt Masur l'Orchestre national de France pour Mendelssohn dans la nef du musée d'Orsay. Au Bois de Boulogne, à Paris, Florent Pagny, Chris Isaak, Seal, Sliimy ou Jason Mraz ont enflammé le public.
Selon la préfecture de police, la fréquentation aux différentes manifestations parisiennes était moins forte cette année que l'an dernier. 850 concerts se sont également tenus à New York, avec notamment Yannick Noah. Des concerts de flamenco se jouaient à Hanoï, du slam au Togo, du hip hop au Vanuatu et de la musique orientale à Erbil, dans le Kurdistan irakien. Pour l'occasion, plus de 14.000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés en France, dont 2600 à Paris. En tout, 223 personnes ont été interpellées, 196 ont été placées en garde à vue "essentiellement pour des atteintes aux forces de l'ordre ou des violences", a annoncé lundi la ministre de l'Intérieur. Les forces de l'ordre sont notamment intervenues "pour faire cesser des rixes aux conséquences parfois graves, comme dans le 13ème arrondissement de Paris ou à Bordeaux, où six blessés par balle ou arme blanche sont à déplorer", a précisé la ministre. A Paris, 126 personnes ont été interpellées, 98 placées en garde à vue. Dans la capitale toujours, quatre policiers ont été blessés dont trois légèrement.
D'après agence
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