Anouar Brahem lors des Nuits de Fourvières en 2010 © drSous ses doigts agiles, les sons de l'oud, une sorte de guitare des rives de la Méditerranée, roulent, bondissent ou glissent et s'éteignent en arabesques. Tel un artisan, Anouar Brahem ne se laisse pas distraire, épuise l'inspiration jusqu'à l'éblouissement. Fondamentalement folklorique, sa musique évite de danser sur la camel walk, la marche du chameau, rythme traditionnel d'Afrique du nord. Il lui préfère des pulsations plus modernes.
Justement, les riffs du bassiste suédois Björn Meyer en foisonnent. Les ambiances qu'il installe interpellent. Véritables sources créatives pour les mélodistes du groupe, elles dessinent un espace où la darbouka, le tambour du percussionniste Khaled Yassine, fraye à merveille.
Un soupçon de témérité
A l'instar de son alter ego libanais Rabih Abou Khalil, Anouar Brahem est un musicien contemporain. A la frontière de l'orient et l'occident, ses phrasés ont la teinte du jazz modal du Norvégien Jan Garbareck ou du bassiste Dave Holland. Il avait croisé leurs univers un temps. Il en a tiré ses influences.
Joyeusement mélancoliques, les mélodies de Brahem et sa voix chantent ensemble des scats. La clarinette basse de Klaus Gesing fredonne à l'unisson ou s'harmonise. Ses improvisations jazz rauques finement ciselées pourtant peinent un peu à s'extraire d'un ensemble évoluant dans un registre musical medium basse. C'est dommage.
Un soupçon de témérité n'aurait pas non plus déçu. Le public, qui remplissait complètement les arènes gallo-romaines de Fourvière ce samedi-là, a réclamé deux rappels. Ils ont été généreusement servis.
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